1991, une page de notre histoire commune au Congo-Kinshasa est en cours de se reproduire aujourd’hui encore

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1991, une page de notre histoire commune au Congo-Kinshasa est en cours de se reproduire aujourd’hui encore

Congolais, il est temps de changer d’option car demain il sera trop tard…

Craignant d’être emportés par le vent dit de la perestroïka, Mobutu et les siens, ayant perçu le danger à venir, se métamorphosèrent à travers le discours de Mobutu du 24 avril 1990. Et ce qui était en train de devenir le défunt MPR-parti-État se démultiplia en plusieurs rejetons, lesquels se repositionnèrent dans la blanchisserie de Limeté. Et faisant suite à ce positionnement nouveau, au Bureau exécutif de l’Union Sacrée de l’Opposition dite radicale, nous avons fini par avoir comme collègues de travail, dans les instances et structures de réflexion, des noms tels que les Nguz et autres. C’est dans ce contexte que vint l’année 1991. À l’horizon se profile un dialogue politique comme les Congolais les ont depuis adorés.

Pendant ce temps, nous étions au Bureau exécutif de l’Union Sacrée parmi des Jeunes appelés les Jeunes Turcs de l’Opposition. Et lors d’une séance de réunion de l’Union Sacrée, chez le feu Iléo Songo Wamba du PDSC, le feu et fougueux Nyamuisi Muvingi, qui dans la foulée allait devenir l’acolyte incontesté de Jean de Dieu Nguz-A-Karl-I-Bond, insultait un Tshisekedi assis et silencieux en train de suivre le feu Nyamuisi l’admonester. Jusque-là, personne, sauf bien sûr quelques initiés qui étaient au parfum, savait que le jeu de Nyamuisi rentrait dans la stratégie de l’avènement en catimini d’un autre groupement politiquement qui allait se déclarer de la même opposition. Car, au même moment que Nyamuisi réprimandait Tshisekedi, son ami Nguz tenait lui la conférence de la sortie de ce qui se baptisera l’Union Sacrée Libérale. Mais avec un fait grave, la remise à la presse congolaise de la liste de présence, qui a été volée, de membres de l’Union Sacrée présents à la réunion ce jour-là chez Iléo. Comme quoi, ils donnèrent leur quitus à Nguz, qui portait le nouveau surnom de « mutoto wa mama ».

Pris dans le piège de la démocratisation et du multipartisme, combattre Nguz-A-Karl-I-Bond sonnerait faux pour ceux qui militaient en faveur de la démocratisation du pays et de toutes les conneries qui y vont avec. C’est dans ce flou qu’il est annoncé la désignation et l’arrivée du sénégalais Wade à Kinshasa comme médiateur et facilitateur de l’Union Africaine, chapotée comme toujours par les Nations Unies. Nguz et les siens se précipitèrent de l’accueillir avec pompe. Tshisekedi, et comme aujourd’hui avec cet autre qu’on appelle Kodjo, se montre perplexe vis-à-vis de Wade. C’est la rencontre du Palais de Marbre où Wade déclarera que la classe politique congolaise manque de culture. Et Iléo dira que lui et les siens ne se battaient jamais pour qu’un muluba devienne premier ministre au Congo. Voilà qu’on en fait une histoire de Baluba. Et le principal muluba n’était autre que Tshisekedi. Nous rapportons ici des faits sans adhérer au discours de l’ethnisme. Malheureusement, ce sera le langage adopté par la bande à Nguz et à Kyungu. Cette situation risque de se reproduire aujourd’hui encore. Si hier ils ont opposé les Katanga au Kasaï, ils le Kivu risque d’être opposé au Kasaï sans que personne ne s’en aperçoive. Mais dans l’entretemps, Nguz comme Kengo, ce dernier avec son UDI et l’URD, deviendra premier ministre préféré de l’Occident et de Mobutu au motif que Tshisekedi était conflictuel. Cet argument méconnait le fait que la démocratie était synonyme de gestion des conflits.

De nos jours encore, l’opinion entend parler d’un premier ministre qui sortirait du dialogue en cours au Congo-Kinshasa. Et à ce sujet, des noms circulent comme candidats premier- ministrables. Parmi ces noms se recrutent ceux qui, comme avec Wade hier, apportent en toute liberté et au nom de la démocratie, de pluralité d’opinions, leur soutien et préférence indéfectible à Kodjo, le facilitateur soutenu par l’Occident, désigné au Congo comme facilitateur international, c’est-à-dire le même Occident qui accueille et laisse une partie de l’opposition congolaise organiser ses conclaves partout en Europe. A voir tout ce qui se passe, on se dit, mais « biso baloka biso te ».

Hier, Tshisekedi avait le peuple, il a toujours le peuple avec lui…mais Nguz, Kengo sont quand même devenus premiers ministres après des dialogues organisés sous la houlette de l’Occident. On ne sait pas si on insulte quelqu’un en le disant. Parce qu’aujourd’hui, dire ce que l’on pense devient un crime de lèse-majesté dans ce pays. Mais qui est celui qui ne voit rien venir ? Et pourquoi cette cécité, si aveuglement il y aurait ! Pourquoi le dire serait manifestement être contre quelqu’un alors que le pays vit ses derniers moments comme un État avant l’arrivée au pouvoir aux USA de Hitlery Clinton. C’est ainsi que la surnomme l’américain Paul Craig Roberts dans son dernier article sur son blog. La guerre économique des années 1980 et celle menée par proxys interposés ont fait du Congo un Etat failli.
Nul ne le souhaite, mais le tout dernier combat de l’empire sera la destruction et la disparition du Congo-Kinshasa comme entité étatique et comme peuple.

Il est temps de changer d’option, car demain il sera trop tard…

Nous ne faisons pas partie du jeu. Des facilitateurs-pyromanes mais transformés en facilitation par la victime qui, par ce geste, innocente son bourreau. Oui, mais en échange de quoi?

Likambo oyo eza likambo ya mabele…

Mufoncol Tshiyoyo

PS. Notre jeunesse, ici à l’âge de 31 ans, et toute notre vie, consacrées au Congo-Kinshasa et à son peuple.

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