AFRIQUE DU SUD, DES NOIRS CONTRE DES NOIRS, XÉNOPHOBIE OU AFROPHOBIE ?

PEUT-ON PARLER DE XÉNOPHOBIE OU AFROPHOBIE QUAND, EN AFRIQUE DU SUD, DES AFRICAINS NOIRS TUENT D’AUTRES AFRICAINS NOIRS MAIS VENUS D’AILLEURS, ma réponse à Jean Bwasa

Quand nous sommes devenus « indépendants », et je fais référence au vocabulaire autorisé de l’époque, et le « nous » ici, c’est le Congo-Kinshasa, l’Afrique du Sud, quant à elle, est demeuré sous le joug du système d’apartheid. Les populations noires d’Afrique du Sud, qui ont connu l’apartheid comme système dominant, l’ont vécu dans leur chair.  Elles en ont souffert, à telle enseigne qu’elles se sont dit : « Plus jamais cela », ce, après s’être fait l’idée de ce que l’ensemble du système, notamment l’apartheid lui-même et les maîtres, a représenté pour eux.


Ainsi, les « Noirs » d’Afrique du Sud,  et je n’aime pas l’expression « Noire » et « blanche », mais on fait avec, décidèrent, consciemment ou inconsciemment, de se battre en permanence non seulement contre le système mais aussi contre tout ce qui l’incarnait, entre autres ses écoles, - Je pense que la plupart des sud-africains ont boycotté, c’est ma thèse, l’enseignement du type occidental, non pas parce qu’ils en étaient incapables, mais du fait de sa représentation du système qui les a longtemps exploités -, l’organisation du monde du travail, tel qu’il se présente. Pour moi, à ce stade, c’est un peuple si fier, de lui, de l’idée qu’il se fait de lui-même et surtout qui refuse, on peut penser ce qu’on veut, de se souiller. Mais je le comprends ainsi. Et j’y adhère surtout quand on sait que tout est relatif ; Que cela n’a plus produit que leur humiliation. C’est tout le contraire avec nous, nous qui aimons nous afficher avec ce tralala.

Pour revenir à ces peuples, je dirais qu’ils refusèrent de travailler, et ce comme moyen de protestation et de pression contre le maitre à partir des bases fixées et imposées par les conditions du maître et de son capital qui le représentent.


Cependant, au lieu de négocier avec les autochtones, le capital qui a besoin de se fructifier, fait, par ses représentants, venir, et l’encourage, la main d’œuvre noire, africaine et étrangère, ce, à bas prix. Et une fois en Afrique du Sud, cette main-d’œuvre, même si elle domine ou ne cherche à s’imposer sur les autochtones comme c’est le cas avec les Tutsis du Rwanda au Congo, ne prend pas parti pour les noirs, ses frères et sœurs, mais, poussée par la faim et la misère qu’elle fuit chez elle, la main-d’œuvre noire venue d’ailleurs accepte et se soumet aux conditions de travail que les noirs d’Afrique boudent et boycottent. Ce n’est pas parce qu’ils sont fainéants comme la propagande locale voudrait la faire passer. Par contre, le système d’apartheid, en la faisant venir travailler en Afrique du Sud, l’oppose directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment aux autochtones et sans que cette dernière ne s’en aperçoive.


C’est pareil au Congo-Kinshasa. Entre l’Occident et les Congolais, il y a le Rwandais pro-Kagamé au milieu et comme intermédiaire. Entre les noirs d’Afrique du Sud en crise contre leurs maîtres d’hier s’interposent les noirs venus d’ailleurs. Ma question est celle-ci, et sans prendre parti, comment on veut que des Sud-africains qui se sentent trahis puissent réagir face à une main-d ’œuvre noire venue d’ailleurs, affamée et fuyant la misère chez elle, et, qui s’est laissée apprivoisée par les sirènes de bonheur découvert sur place ?  Les Noirs d’Afrique du Sud ne sont les Congolais de Kinshasa quand il s’agit de défendre leur terre. C’est ma lecture qui part de mes propres observations. Et que je transforme en théorie pour essayer de lire autrement les faits.

 

Mufoncol Tshiyoyo

 

 

 

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