La facture à payer à l'Angola par des Congolais qui ne veulent se battre pour leur pays le Congo

Quelle sera la nature de la facture à payer à l’Angola par des congolais qui ont peur de mourir pour le Congo et qui demandent à l’Angola de le faire à leur place ?

Nous avons été en son temps incompris, voire poussé vers l’exil quand, à Kinshasa même, nous avons posé la question de la nature de la facture à payer au Rwanda, ce, une fois que les Rwandais et alliés parvenaient, et même si ce n’était pas eux, à placer à la tête du Congo-Kinshasa quelques congolais perdus qui les escortèrent dans leur aventure jusqu’à Kinshasa. La direction de l’opposition de l’époque et quelques choristes du pouvoir de Kinshasa agonisant ont refusé de saisir la portée exacte de notre interrogation. Le manque de réponse qui a suivi ou son ignorance a fait plonger le Congo-Kinshasa dans l’inconnu. Et aujourd’hui, devant tout ce chahut fait autour de l’Angola, nous décidons d’assumer le même risque, bien que nous trouvant à l’extérieur du pays. Nous reposons la même question : Quelle sera la nature de la facture à payer à l’Angola une fois que ce pays aura chassé « Joseph Kabila » du Congo en lieu et place du congolais lui-même ? 

Mais pourquoi nous nous posons cette question ? Ailleurs, sous d’autres cieux, et face à n’importe type de danger, on a souvent remarqué que c’est chaque peuple qui s’assume seul et, de ce fait, assume son destin en faisant le choix de mourir spécialement pour sa terre. Les Russes contre Napoléon. La France de De Gaulle contre Vichy et Hitler. La Syrie de Assad et la Russie contre l’Occident. Ce sont-là des exemples qui n’ont pas la prétention d’être exhaustifs. Sauf que c’est tout le contraire au Congo-Kinshasa, où une bonne partie de la population congolaise, par lâcheté, parce qu’ils savent faire tout ce qu’ils attendent de l’Angola, opte pour le choix de faire appel à d’autres peuples. À deux reprises, hier les Kabila escortèrent le Rwanda jusqu’à Kinshasa. Et aujourd’hui, nombreux sont qui supplient, demandent avec insistance et humilité à l’Angola de venir mourir au Congo-Kinshasa et pour la terre Congo. Je ne dis pas nous mais c’est moi qui demande avec insistance ce qui ne va pas avec notre peuple. 

Parce qu’en faisant appel aux autres, à la jeunesse angolaise, en lui demandant de périr à notre place, l’homme congolais ne fait que confirmer ce que les autres penseraient faussement de lui : « il a peur ». « Il n’est pas capable de combat alors que c’est tout faux quand nous avons connu dans ce pays les Mayele, les Budja Mabe, les Nabyolwa. Ils sont allés vaincre le Rwanda au Rwanda même. C’est tout faux quand notre propre histoire nous apprend que nous avons dansé hier sous le rythme de l’entrée du Rwanda et de l’AFDL à Kinshasa. N’est-ce pas que c’est ce que nous voulons reproduire aujourd’hui encore avec l’entrée probable de l’Angola à Kinshasa ? Il n’y a qu’à voir la fièvre qui habite tout le monde alors que l’Angola ne fait que placer ses soldats aux frontières pour éviter toute surprise qui pourrait survenir à l’annonce du décès de Edouardo Dos Santos, le président angolais actuellement malade. « We must stop being politically correct and get down to the business of security of our people », a “twitté” Donald Trump hier quand Londres a subi ses attaques terrorsites. 

La maladie de notre peuple s’appelle : « Que Joseph Kabila parte d’abord. Et le reste, on verra après. Mais qu’est-ce que c’est que ce délire, et pour lequel, le « on » congolais se dit qu’il verrait après »? Et c’est le même refrain qui a déjà été entendu en 1997 au moment de l’entrée de l’AFDL à Kinshasa Hier, tout le monde a chanté, et même ceux qui ignoraient ce qui se passait dans le pays : « Que Mobutu parte d’abord. Et on verra le reste après ». Qui est finalement ce fameux « ON » congolais, qui serait responsable après de « on verra le reste après » ? Sauf qu’il n’a jamais su assumer la moindre responsabilité historique de ses actes. Et ce « On » congolais ne sait informer à quel niveau il est associé dans tout ce qui risque de se passer dans le pays. Qui peut nous dire avec exactitude quand est-ce que cet « après » commencera ? Qui va le décréter ? Et à partir de quels critères ? Aucune réponse ne vient justement éclairer la lanterne de ceux qui quêtent des explications et autres détails pour comprendre.

Le comble, c’est que beaucoup ont cru que le soutien du Rwanda était désintéressé hier. Leur ignorance associée à l’euphorie de l’ambiance du départ de Mobutu leur ont fait croire que la jeunesse rwandaise venait tout bonnement se faire tuer au Congo. Que ce fut uniquement pour les beaux yeux de l’homme congolais que le Rwanda allait sacrifier sa jeunesse. C’est le manque de tout projet d’avenir et de sa gestion par des congolais eux-mêmes qui étale au grand jour l’amateurisme de tous ceux qui s’amusent, et une fois de plus, avec le feu au Congo. Le Congo ne survivra pas après deux occupations militaires des pays voisins et africains. C’est pourquoi j’insiste et comme hier, je dis qu’Il était encore grand temps de sortir de cet aveuglement, de cette lourdeur à penser quand bien même qu’il s’agirait de votre propre frère de région que l’Angola aura installé à la place de « Joseph Kabila pour jouer le même rôle. 

Non, ce sera cette fois-ci encore sans nous. Car, c’est de notre absence de jugement hier, de notre refus d’affronter des questions qui fâchent que les Kagamé règnent aujourd’hui au Congo par « Joseph Kabila » interposé. On peut aussi se demande avec quel budget un pays comme le Rwanda allait envahir un grand pays comme le Congo. La même question s’applique à l’Angola. C’est avec quel budget l’Angola en crise financera la guerre au Congo-Kinshasa pendant qu’il s’occupera de la gestion de son propre peuple ? Personne ne nous dit qui financera quelle partie et comment il se fera rembourser. Le « on » nous dira qu’est-ce que vous proposez à la place ? Et nous répondrons : Pourquoi les Congolais ne devraient-ils pas mourir pour leur propre pays. Le « ON » ridiculisera cette réponse. C’est parce ce que le "on" aimer rouler carrosse, s’habiller en cravates et à parler sur des chaines des radios et des télévisons occidentales au lieu de prendre le taureau par les cornes. 

En conclusion, nous disons que le temps de vous regarder faire est révolu. Pour le Congo, nous allons nous battre. Et s’il le faut, les uns contre autres. Au plus forts d’entre nous de le remporter. Hier, le vieux Bosange Yema, l’éditeur et journaliste de l’Alarme fut arrêté et envoyé à Makala à cause de notre article : « Arrêtez Kabila aujourd’hui, et demain il sera trop tard ». Bosange fuira la prison de Makala. Il nous rejoindra à Brazzaville où nous nous trouvions déjà en exil. Il est finalement mort à Brazzaville en laissant une grande famille après lui. C’est pour dire que « Likambo oyo ezali likambo ya mabele … » 

Mufoncol Tshiyoyo

 

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