L'Avenir de l’Afrique avec la disparition de la France comme puissance internationale

Ce qui se passe en France, aujourd’hui, à travers des élections organisées dans ce pays, aura des effets directs sur ce qui se passera demain en Afrique. Et je m’explique. Quelle que soit son issue, l’avènement de Macron comme marionnette ou agent de la Trilatéral à la tête de la France, et même s’il ne sera pas le premier, puisqu’avant lui, il y avait déjà les deux précédents, annonce à l’horizon de grands bouleversements pour le continent ce temps de fermentation.

Mitterrand l’avait déjà prédit. Pour preuve, les propos de Mitterrand repris par l’un de ses derniers intimes, en la personne du journaliste, et écrivain Georges-Marc Benamou, avec qui Mitterrand a rédigé Les Mémoires interrompus. Et c’est dans le livre Le Dernier Mitterrand que Benamou, son auteur, qui cite Mitterrand, écrit ce qui suit, notamment : « "En fait je suis le dernier des grands présidents.” Il me dit ça vite, dans un mélange de pudeur et de grandiloquence. Comme s'il craignait que je le prenne pour un vieux fou, il tente de rationaliser l'aveu qu'il vient de me faire : “Enfin, je veux dire le dernier dans la lignée de De Gaulle. Après moi, il n'y en aura plus d'autres en France… À cause de l'Europe… À cause de la mondialisation. (…) « À cause de l'évolution nécessaire des institutions... Dans le futur, ce régime pourra toujours s'appeler la Ve République… Mais rien ne sera pareil. Le président deviendra une sorte de super-Premier ministre, il sera fragile… », (Benamou, 2011 : 159).

Et Mitterrand qui s’en expliquait en donne la raison principale : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort », propos cités également par Robin Verner dans son article « Les hommes d'Etat français sans illusion à l'égard de l'allié américain » du 25 juin 2015 que l’on peut trouver sur le net.

Voilà pourquoi, il nous revient de dire qu’près le second tour en France qui interviendra, le 7 mai 2017, la France s’effacera officiellement comme puissance dominatrice de l’Afrique. Et l’Afrique aura en face d’elle affaire seulement à l’élite anglo-saxonne. Et c’est à nous, ceux du Continent, de savoir comment nous y prendre et nous projeter dans cet avenir proche. Nous préparer en conséquence. Un adversaire de moins se sera éliminé, puisqu’il sera désormais un paillasson sur les pieds de l’élite atlantique, appelée à demeurer le seul adversaire qui parlera au nom de tous ses agents latéraux. C’est normalement la fin d’une époque qui verra l’Allemagne se disputer avec les Anglo-saxons les dernies carrés de la domination française en Afrique. Nous sommes également conscients.

Avant ou devant nous, le Rwanda de Paul Kagamé l’avait déjà saisi. Paul Kagamé négocia directement avec l’élite atlantique, ni avec la Belgique, ni avec la France. En outre, Paul Kagamé a fait du Rwanda soutenu par ses nouveaux alliés de la saison, un État anglophone. Et comme récompense, ces derniers le laissent piller le Congo et tuer au Congo pour et au nom de ses maîtres. C’est la Belgique qui se présente devant la porte de Paul Kagamé. C’est parce que la Belgique et le Rwanda, les deux, remplissent aujourd’hui la même fonction d’État mercenaire pour le compte de leurs maitres commun.

Alors, je me demande qu’est-ce que nous faisons, nous, Congolais ? Certainement pas ce que Kagamé a fait. Il n’y a rien de grand dans la petitesse du Rwanda et les actes supposés de Paul Kagamé. Il ne nous séduit pas, ni en intelligence, ni sur le plan humain et surtout africain. Le Congo-Kinshasa est un grand peuple., Nous avons un nom. Et notre pays ne pout vivre dépendant comme ce que Kagamé a fait de son Rwanda, Un État dépendant du Congo, du Burundi et de l’Occident. Nous avons à devenir nous-mêmes, à être maître de nous-mêmes. Car c’est sur nous que repose le devenir du continent. C’est la prophétie de Fanon quand il disait que « L’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve placée au Congo-Kinshasa ». Notre seule ambition aujourd’hui, c’est mettre en place un leadership appelé à voir grand. C’est mon appel à la jeunesse du Congo.

Likambo ya mabele

Mufoncol Tshiyoyo

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