BENI, J’accuse la classe politique congolaise de crime

1.La Kabilie

La classe politique congolaise, toute tendance confondue, bien sûr les tendances qui évoluent à l’intérieur du système qui les instrumentalise, porte la responsabilité du massacre qui vient d’avoir lieu à Beni. La Kabilie, à travers ce qu’elle nomme sa « Majorité », a mis en scène les tueries de Beni qui s’inscrivent dans la lignée de grandes manœuvres d’un mercenariat qui lutte pour sa pérennisation. La tragédie de Beni vise d’abord à s’attirer la sympathie de l’opinion tant nationale qu’internationale. Car, en tuant à Beni, la Kabilie qui saisit cette occasion pour lancer son appel d’aide à l’opinion internationale de venir au secours d’un Congo martyrisé, était en perte de vitesse dans la mesure où le régime avait déjà perdu le sens de l’initiative politique dans le pays qu’il fallait à tout prix retrouver. Et par la voie du crime, la Kabilie se réaffirme à la fois comme l’unique autorité légitime et actuelle du Congo, le message est que la Kabilie représente toujours le gouvernement-interlocuteur du Congo vis-à-vis du monde extérieur.

Le massacre de Beni a également pour mission de créer la peur, de terroriser la population congolaise qui doit être maîtrisée si la Kabilie tenait encore à se maintenir au « pouvoir-os ». Cependant, le procédé auquel la Kabilie recourt n’est pas du type nouveau, même si le seul reproche qui lui est fait par son opposition est son inaptitude à protéger le peuple sous sa charge. Une fois de plus, c’est l’Opposition qui vient au secours de la Kabilie, parce qu’elle appelle « Joseph Kabila » à son sens de chef. Mais elle manque d’analyser le fait c’est ce que recherchait la Kabila à qui elle demande de compte comme gouvernement. Bien que la nouvelle situation de la Kabilie puisse paraitre éphémère, elle arrange quand même la Kabilie dans ce sens qu’elle renforce sa position de leadership, celle du représentant légal et légitime d’un pouvoir dont elle perdait de plus en plus la maîtrise. L’Opposition congolaise tombe, donc, dans un piège qui lui est tendu, et dans son propre piège de vouloir dialoguer avec un partenaire -pouvoir en face. C’est pourquoi il y a lieu de parler de sa complicité dans les crimes de Beni.

Toutefois, le recours à la violence de l’État contre le peuple au Congo n’est pas différent de la méthode appliquée par l’Occident en Syrie où des Syriens sont gentiment massacrés par des individus qui, selon le criminologue français Xavier Raufer, n’ont rien à voir avec l’islam. Et si DAESH n’a jamais existé ailleurs, on se demande comment la Kabila peut parler de mouvements islamistes au Congo ; il s’agit plutôt de mercenaires comme en Syrie. Et en France, la même recette se nomme terrorisme. En Occident, les attentas comme ceux de Bataclan à Paris, de Bruxelles et de Zaventem, sont le fait des indicateurs de la police. En lisant la presse, il s’avère ces actes sont perpétrés au nom de l’ordre régnant dans leur pays et aux dépends des citoyens sacrifiés… Ce fut également pareil avec des attentats perpétrés à travers tout le continent européen par Gladio, un groupe de l’OTAN, durant la Deuxième Guerre Occidentale dite mondiale. C’est pour dire que ce qui se passe au Congo est une lapalissade. La responsabilité de la Kabilie est totalement engagée. Et voilà pourquoi, il nous reviendra toujours de souligner que la canaille dirigée par « Joseph Kabila » à Kinshasa vendra très cher sa tête.

2. L’Opposition congolaise

Celle que l’on appelle couramment Opposition congolaise au Congo-Kinshasa y joue aussi sa partition dans les mystères de Beni. Elle en partage la coresponsabilité. Car on a du mal s’expliquer le fait que l’opposition congolaise arrive à se trouver des moyens pour s’acheter un billet et se loger dans des hôtels, quand il s’agit de voyager, d’organiser et de participer aux messes noires sur le Congo, que ce soit à Bruxelles, à Paris, à Washington, à Londres, à Johannesburg, alors qu’elle se montre incapable de s’engager dans une initiative collective et même individuelle pour se rendre au chevet de compatriotes de Beni, victimes du massacre commis contre eux en tant que citoyens congolais et même membres des partis politiques concernés, pour certains d’entre eux…

La population victime de Beni est abandonnée à elle-même, alors que se rendre sur place, sur le lieu du crime signifie revigorer le peuple, l’encourager à résister malgré ses pertes. Le faire, c’est également le mobiliser autour de l’idée d’appartenance à un tout, à une nation, à la mère patrie.
Nous disons que c’est révoltant de constater qu’aucun de ces partis politiques n’ose donner un mot d’ordre et mobiliser ses partisans à Beni. Le peuple n’est mobilisé que pour chanter et danser à la gloire des chefs ; rien n’est fait quand ce même peuple se bat seul contre un ennemi. Ce fut le cas hier, notamment quand le peuple s’est retrouvé en face du CNDP, du M23, du RCD, etc… L’histoire dira qui, dans la classe politique congolaise, a lancé un appel de mobilisation générale, même s’il n’aurait jamais été suivi, mais qui invitait ses partisans à lutter et à barrer la route au CNDP, au M23 ou au RCD. Le comble est que ce dernier allait devenir plus tard un allié circonstanciel des uns à Sun City et même après Sun City. L’opposition congolaise se fait complice du crime par son comportement.

3. L’ONU et la Monusco

Comment expliquer aux enfants et à la jeunesse du Congo qui grandissent en Occident et aux jeunes européens, sous votre charge en tant qu’enseignant, que le massacre de Beni se déroule sous la barbe et dans un pays où l’ONU dispose, par le biais de la Monusco, une armée de plus de 20 000 soldats et un budget destiné à en entretenir le maintien au Congo Kinshasa ? Disons que Fanon avait vu juste quand, en parlant de l’ONU, le psychiatre martiniquais affirmait : « En réalité l’ONU est la carte juridique qu’utilisent les intérêts impérialistes quand la carte de la force brute a échoué. Les partages, les commissions mixtes contrôlées, les mises sous tutelle sont des moyens internationaux de torturer, de briser la volonté d’expression des peuples, de cultiver l’anarchie, le banditisme et la misère.
Car enfin, avant l’arrivée de l’ONU, il n’y avait pas de massacres au Congo. Après les bruits hallucinants propagés à dessein à l’occasion du départ des Belges, on ne comptait qu’une dizaine de morts. Mais depuis l’arrivée de l’ONU, on a pris l’habitude chaque matin d’apprendre que les Congolais s’entre-massacraient ».

Bien sûr qu’il n’est pas du devoir de l’ONU de protéger des citoyens congolais quand l’ONU elle-même alimente la peur, la crise et l’agression au Congo. En outre, c’est curieux de voir que personne dans la classe politique congolaise ne se pose la question de l’absence de la Russie et de la Chine comme facilitateurs de l’ONU alors que ces deux pays siègent comme membres permanents de son Conseil de Sécurité et ce avec droit de véto. C’est pour dire que ces pays ne font pas partie de la Communauté dite internationale ? Pourquoi l’Occident seul se distingue comme pourvoyeurs des solutions au Congo. Ce fait ne dérange aucun homme politique au Congo.

4. Aux Congolais et en particulier à la population de Beni

Quand le formel n’existe pas dans un pays, qu’’il correspond au mercenariat dont la mission principale est de tuer la population livrée à son incurie, la population s’organise en s’attribuant le rôle de promouvoir le sa propre défense. Il faut armer nos citoyens de Beni pour assurer contre l’ennemi la défense de la terre de nos aïeux. L’heure est venue pour que des chefs dits coutumiers au Congo prennent leur responsabilité pour la défense de Beni. La situation de Beni devient un casus belli. C’est une déclaration de guerre contre nous, contre le peuple, contre le Congo-Kinshasa.

Likambo oyo eza likambo ya mabele…

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