Comme en 1997, l’histoire se répète de nouveau au Congo

Comme en 1997, l’histoire se répète de nouveau au Congo

En 1997 avec l’AFDL et en 2019, les USA et le Rwanda rééditent leur exploit en installant leurs Congolais à la tête du Congo.
À Tibor Nagy (USA) et aux Congolais qui affichent comme s’il s’agissait d’un nouveau trophée, le soutien annoncé de l’Amérique au Congo, il serait indiqué de leur rappeler que les Tutsis, nos sœurs et frères africains du Rwanda voisin, du moins leur leadership actuel, se targuent eux aussi de la même confiance placée dans les relations qu’ils ont avec les USA. Depuis 1997, c’est presque une lapalissade que les mêmes USA ont aidé les Tutsis du Rwanda (lire à ce sujet Debré dans le Retour du Mwami), ils les ont autorisés, en fermant les yeux contre des crimes commis au Congo, à occuper le Congo et à assujettir et la femme et l’homme congolais. Aujourd’hui, quand les USA claironnent un peu partout qu’ils sont prêts à composer avec leur nouveau régime installé au Congo, des populations congolaises cherchent à savoir ce qui aurait changé dans l’entre-temps pour que les USA décident souverainement de tout chambouler dans les Grands Lacs, alors que nul n’ignore que ce sont les Tutsis du Rwanda qui, sûrement avec le concours des USA, ont fait désigner et placer un autre Congolais à la tête du Congo, ce dans le cadre d’un accord dont la nature reste encore à expliquer au peuple du Congo.

L’histoire se répète de nouveau au Congo plus de 20 ans après. Et comme en 1998, avant notre départ forcé pour l’exil, nous nous voyons obliger de reposer la même question que nous avons eue à poser à l’époque à Laurent Désiré Kabila, lui, qui s’était fait « accompagner » des forces Tutsi au Congo. Qui peut regarder le peuple du Congo droit dans les yeux, et en toute humilité, lui dire quelle est d’abord la nature du contrat qui est signé avec le nommé Joseph Kabila et lui avouer par la suite la nature de la facture à payer au Rwanda, une fois que ce pays aura accompli, par le concours de ses parrains directs, le sale boulot d’asseoir un proconsul du Rwanda à la tête du Congo. Les conséquences d’hier avec les aventuriers de l’AFDL sont encore fraîches, horribles, innommables innombrables. Le Rwanda n’est pas toujours parti du Congo. Comme en 1997 avec l’AFDL, le Rwanda qui a placé Laurent Désiré Kabila à la tête du Congo, remet le couvert en 2019 avec un autre congolais. Si ce fut hier par les armes, c’est par acclamation aujourd’hui.

Avant de se rendre au Congo, Tibor Nagy, le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires africaines, qui nous rappelle bien un autre de triste de mémoire, Herman Cohen, a fait escale au Rwanda. Il est d’abord passé par le Rwanda. Cela veut dire ce que ça veut dire. Ils ont des yeux mais pour ne pas voir. Avant son départ pour le Rwanda, il a tenu à écrire ce qui suit sur son compte twitter, je le reprends ici in extenso :
« From my remarks at @cmu africa in #Kigali : A success story, #Rwanda is a good example of how an African nation can transform its business climate for the better. The @WorldBank now ranks Rwanda as the 2nd best place to do business in #Africa » (Traduction française de la partie qui nous intéresse : « Le Rwanda est un bon exemple de la manière dont un pays africain peut transformer son climat des affaires pour le meilleur. La @WorldBank classe maintenant le Rwanda au 2e rang des meilleurs endroits pour faire des affaires en Afrique »).

C’est évident que le Rwanda reste un allié privilégié des USA. Oui, le problème n’est pas là. Les USA sont une nation souveraine. Ils peuvent établir des relations du même genre avec n’importe quel autre pays du monde. Mais je pense, en ce qui concerne le Congo, que le temps est venu de leur demander, ceci pour ne pas leur envoyer un mauvais message, selon lequel qu’ils pouvaient tout se permettre avec les Congolais et sans que personne n’ose ne fût-ce que par devoir de mémoire leur reposer des questions. Même s’ils ne savent pas s’expliquer mais du moins leur poser des questions. Car, le peuple du Congo qui n’a jamais rien fait de mal contre les USA. C’est à ce titre qu’il voudrait savoir, pour éviter d’être surpris de nouveau demain, pourquoi l’Occident, sous l’égide des USA, avait préféré donner le pouvoir, la gestion et le contrôle du Congo aux Tutsis et en particulier au Rwanda en 1997 ? Le silence sur cette question et le refus de la poser aux Américains est une faute de stratégie dans les relations avec les puissances de ce monde. Les élites politiques africaines en général et congolaises en particulier accordent peu d’intérêt à la réflexion stratégique. On ne devrait pas perdre de vue que ce furent les USA qui décidèrent souverainement d’assassiner Lumumba. C’est toujours l’Occident qui par après mit Mobutu à la tête du Congo en 1965, équipa et finança son armée, renforça son pouvoir comme c’est fait avec Kagame tout en désavantageant le Congo. Ce sont les USA qui mettent fin au règne de Mobutu en 1997. C’est l’Occident qui fabrique l’AFDL. C’est l’Occident qui fait assassiner LDK et place « Joseph Kabila » à la tête du Congo. Depuis 1997, c’est l’Occident qui laisse mourir et sans raison aucune des congolais, alors le Congo a toujours été une chasse gardée des USA.

Pour un peuple, tout ceci est lourd à supporter et à porter. Juste pour l’avenir, pour notre jeunesse te nos enfants, qu’allons-nous leur dire pour les préparer à la fortune et l’absurdité de l’histoire. Comment les préparer à assumer et à s’assumer si on ne sait leur dire ce que nous avons enduré et subi comme peuple. Qui peut répondre à toutes ces questions ? Qui peut assumer l’histoire du Congo ? Qui porte et doit porter la responsabilité devant l’histoire des actes que nous posons Demain sera fait de quoi au Congo ? Aujourd’hui Facebook nous sert de lieu d’échange, de courage et d’écriture, de production, des rencontres, mais aussi de tremplin avant d’inscrire nos noms dans l’histoire.

J’assume mes propos et je m’assume en tant que fils du Congo.

Likambo oyo eza likambo ya mabele.

Mufoncol Tshiyoyo, MT
Les Nationalistes Émergents, LNE

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