DES MORTS AU CONGO-KINSHASA LE 19 DECEMBRE 2016, ET SI ON EN PARLAIT EN TOUTE LIBERTÉ…

D’emblée, il y a lieu de rejeter ici l’idée selon laquelle que nous nous opposons au fait qu’il y ait des morts quand un peuple a décidé de prendre en main ou d’assumer historiquement son grand dessein. Le contraire est un gros mensonge qui fait la part belle aux vendeurs de mirages, de rêves qui, en choisissant de taire, et ce pour des raisons qui demeurent encore floues cet aspect, que nous qualifions de plus important, qui touche ou accompagne tout bouleversement à caractère social, affaiblissent dans leur ignorance l’action ou l’initiative entreprise. Ne pas le dire pour que la jeunesse qui s’y engage en toute connaissance des causes, et des parents qui décident d’y participer eux-mêmes ainsi que d’y envoyer leur progéniture affecte d’une manière ou d’une autre le résultat attendu, amoindrit son impact et réduit son efficacité.  Car pour nous, le citoyen ou la citoyenne qui sort de chez lui pour y prendre part, averti de ce qu’il attend, sa sortie ainsi habitée détermine la nature de son engagement et fait aboutir la finalité du processus engagé.

Tout le monde parle du 19 décembre 2016. Et parmi ceux qui en disent un mot, peu ne soulignent le fait de la réaction du camp adverse, qu’elle soit exagérée ou pas, son infiltration, parce que l’Autre doit se défendre et personne n’a le droit de le lui interdire si son option à lui, et elle est déjà manifeste, car l’élite tutsi du Rwanda, dans son mercenariat, sa prise du Congo comme butin de guerre, a décidé de conserver son pain, du moins de le garder le plus longtemps que possible, garder sa main mise sur le Congo-Kinshasa.

Si les nôtres ne savent pas qu’ils sortent de chez eux pour aller donner leur sang, verser leur sang pour la patrie, pour la terre de leurs ancêtres, et non pour un tel leader ou un autre, bien que ce soit à son appel, il serait alors vain de faire du bruit autour de la date du 19 décembre 2016. Et une possibilité existe que rien de concret, à l’allure où vont les choses, ne s’y déroule. Arrêtons de répéter à notre jeunesse qu’elle y aura pour défendre une constitution, qu’elle y va pour permettre à qui que ce soit d’accéder au pouvoir. Et quel pouvoir en plus ? Nous devons prendre le courage d’avouer à notre jeunesse que ne pas le faire serait trahir sa terre, ses aïeux, refuser de forger une union entre les morts et les vivants qui ensemble luttent pour recouvrer la jouissance de leur terre. Et pour ce faire, la mort que l’élite Tutsi entend infligée au peuple congolais dans son ensemble demeure le prix d’un avenir à offrir à la jeunesse du pays.

Le 19 décembre 2016, ceux qui l’organisent se luttent contre qui ? Qui est en face comme l’adversaire désigné pour et au peuple congolais dans son ensemble en vue de le mobiliser comme un seul homme ? Les Congolais se battent :

  1. Contre l’Occident sous la caporalisation d’une partie de l’élite anglo-saxonne ?
  2. Contre le mercenariat Tutsi du Rwanda et son leader Paul Kagamé ?
  3. Contre la canaille congolaise à Kinshasa regroupée derrière et autour de « Joseph Kabila » comme cheval de Troie de Paul Kagamé. Et qui dit Paul Kagamé dit élite anglo-saxonne ?
  4. Avec l’Occident contre son monstre de Frankenstein « Joseph Kabila », c’est-à-dire une réforme interne du système qui garde Paul Kagamé comme patron des Grands Lacs malgré son manque de leadership avéré dans les Grands Lacs. Parce qu’en conservant Paul Kagamé à la tête du Rwanda, rien de bon n’est envisagé et est envisageable pour le Congo sacrifié ?
  5. Avec l’Occident mais pour les intérêts de l’Occident sans contrepartie pour le peuple du Congo ?
  6. Si nous comme peuple avons raté le sens du 30 juin 1960, nous nous demandons si la génération d’aujourd’hui devrait manquer son rendez-vous avec son histoire et l’histoire du pays ?
  7. C’est ce que l’élite dit au peuple qui le transforme en une arme pour les grandes conquêtes, qui le transforme en ce qu’il devait être, ce qu’il doit être et ce qu’il sera quand l’heure de l’histoire a sonné.
  8. C’est quoi les Congolais veulent une reforme ou un bouleversement ou une histoire à enseigner aux différents peuples du monde que le peuple du Congo est capable de livrer bataille pour lui-même ? Dans tous les cas, c’est l’élite congolaise qui sera tenue responsable de tout ce qui arrivera le 19 décembre 2016. Notre peuple en parle. Alors faut-il lui donner des raisons d’espérer ? ” […] Politiser les masses, ce n’est pas, ce ne peut pas être faire un discours politique. C’est s’acharner avec rage à faire comprendre aux masses que tout dépend d’elles, que si nous stagnons c’est de leur faute et que si nous avançons c’est aussi de leur faute, qu’il n’y a pas de démiurge, qu’il n’y a pas d’homme illustre responsable de tout, mais que le démiurge c’est le peuple et que les mains magiciennes ne sont en définitive que celles du peuple. [..]”, Frantz Fanon, (1961), Les Damnés de la Terre, Paris, Éd. La Découverte poche, 2002, p. 187.

Ailleurs, des groupes organisés tels que les Hezbollah, Hamas, et bien d’autres, se préparent à tous les coups, aux différentes attaques. Le principe est à la fois de ne jamais minimiser un adversaire, et ce quelle que soit la petitesse de sa taille, et aussi de savoir le piéger, l’attirer dans son propre jeu.  Il faudra prévoir des ambulances pour transporter des morts et des blessés vers des centres hospitaliers. Et nous mesurons la difficulté de l’opération, mais il le faut à tout prix. Il faut prévoir des médecins pour donner les premiers soins sur place, des avocats pour parler et défendre ceux qui seront arrêtés, des journalistes qui doivent relayer tout ce qu’ils sauront voir.

Les uns peuvent organiser. Et tant mieux, tandis que les autres, bien outillés, peuvent récupérer une action en cours et la faire aboutir.

« Eza likambo ya mabele ».

C’était juste un mot de ma part.

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