Gorbatchev, le « traître » de l’intérieur au sommet de l’État en Russie, selon Vladislav Grosul

Gorbatchev, le « traître » de l’intérieur au sommet de l’État en Russie, selon Vladislav Grosul

De plus en plus, des langues se délient à l’intérieur même de la Russie. Parmi elles, celle du chercheur historien russe Vladislav Grosul. L’homme de science russe a presque lancé un pavé dans la mare. Ainsi, je ne saurais pas affirmer si nous étions devant un cas de chasse aux sorcières. Pourtant, à y regarder de près, cela y ressemble beaucoup : la désignation du « traitre de l’intérieur » en Russie. Ce n’est plus qui serait le « traître ». Mais « quand Gorbatchev est devenu le traitre ». En un mot, le traitre est connu puisqu’il est nominalement désigné. Gorbatchev est le traître. Cette question a récemment fait l’objet d’un article dans la Pravda, un texte signé Kojemiako, journaliste et analyste politique à la Pravda, ancienne revue du Parti Communiste Soviétique et la voie officielle de la Russie interne.

Aujourd’hui, des multiples questions se posent. Quel est l’intérêt pour l’élite russe de designer nominalement le « traitre de l’intérieur », surtout en ce moment où la Russie a déclenché le processus d’affirmation de soi : une expression identitaire dans un monde en ébullition constante. Une autre question qui revient à l’esprit, c’est de savoir quand les Russes découvrent enfin que Gorbatchev était réellement celui qu’ils dénoncent aujourd’hui : le « traitre ». Dans tous les cas, les révélations de l’historien russe font peser des lourds soupçons sur une forme de « négligence » dans le fonctionnement de l’appareil sécuritaire russe : le KGB. Le temps mis pour découvrir et dénoncer le traître. Au Congo, on vous accuse de faire de l’obsession alors que vous dénonciez le mercenariat qui sévit à l’est du Congo.

La tendance à la traitrise de Gorbatchev remonte bien loin dans sa jeunesse. Le jeune garçon fut surnommé « Michenka » ou « Mishka » en langue russe ou ukrainienne. « L’enveloppe » en français. Son explication éclaire encore plus le passé « encombrant » de Gorbatchev : l’homme qui « reçoit des pots-de-vin ». Plus tard, quand des chercheurs russes essaient de réaliser un film sur le personnage de Gorbatchev, devenu depuis le « Secrétaire général du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique », ils tombent sur l’une des photos de sa jeunesse. On y voyait bien sûr « le jeune Gorbatchev sur un char allemand. Pas un char abattu, mais tout à fait prêt pour la bataille » (Vladislav Grosul). Sa mère, invitée à commenter l’image, enfonçait le clou sans savoir qu’elle trahissait de ce fait son fils : « les Allemands vivaient dans leur maison alors que le [jeune] Michenka saignait les poules et les oies pour eux, [il] leur apportait de l’eau de source et eux lui offraient des chocolats » (Grosul). Toutefois, l’explication de la mère suffisait-elle pour accuser Gorbatchev de collaboration avec l’occupant allemand ? Pour rappel, les occupants recrutent souvent des jeunes partout, ils imposent leur domination. De cette période de la vie de Gorbatchev, la biographie officielle est longtemps demeurée silencieuse. Que faisait alors l’ancien KGB ? Où est-il passé ? Le parcours de Gorbatchev est un labyrinthe qui finira bientôt de dévoiler ses variables inconnus.

En effet, il n’y a aucun doute pour l’historien russe Vladislav Grosul que des responsables de premier plan de la nomenclature soviétique de l’époque étaient des traîtres. Le Secrétaire général du parti communiste, Gorbatchev, avait nommé et soutenu des philologues membres de l’Académie des sciences de l’URSS dont l’agenda assigné fut de privilégier le développement des langues locales au détriment de la langue russe. Ainsi, ce fut le cas en Moldavie et en Géorgie. Or, c’est durant cette période que l’on assiste à l’éclosion de la radicalisation du nationalisme à l’intérieur des entités politiques soviétiques appelées à se transformer plus tard en différents États « souverains ». Des faits et gestes de Gorbatchev, comme numéro 1 à la tête de l’Union soviétique, trahissent l’état d’esprit d’un homme acheté. Un vendu aux forces de nuisance pour la dénonciation de l’âme russe. Gorbatchev est non seulement parvenu à éliminer le « socialisme ». Mais, il a également accompli la promesse de la disparition de l’Union soviétique. En conséquence, l’élite russe rejette l’idée de l’« effondrement » de l’Union soviétique. Elle est plutôt persuadée que l’Union soviétique a finalement été détruite qu’elle ne s’est effondrée, comme la propagande le tambourinait régulièrement. Gorbatchev a pleinement participé à « la destruction d’en haut » de l’URSS. Par ailleurs, cela s’accompagne avec la demande du Bush père invitant Gorbatchev à « faire disparaître l’URSS ». Dans la foulée, Gorbatchev serait aussi à la base de l’assassinat de Ceausescu en Roumanie. Puisque des militaires roumains recevaient de l’ordre de Moscou.

Vladislav n’est pas le seul intellectuel russe à monter au créneau. Ses déclarations rejoignent celles du philosophe Alexandre Zinoviev : « Les ennemis étrangers de l’Union soviétique ont […] cherché leurs agents en son sein pour pouvoir s’appuyer sur eux, et lorsqu’un ennemi secret, […] devient le principal chef d’un pays, les chances de sa destruction augmentent considérablement. Et, c’est ce qui est arrivé [en Union soviétique] ». L’Union soviétique disparait. Alors, pourquoi ses destructeurs n’achèvent-ils pas la Russie une fois pour toutes ? Les Anglo-saxons craignaient que la destruction totale de l’Union soviétique bénéficie géo stratégiquement à la Chine. Cette dernière allait reprendre à son profit le reste de la Russie et s’étendre jusqu’au Lac Baïkal. Étudions les Anglo-saxons.

Tout compte fait, les Russes obéissent au principe selon lequel pour mieux réussir à combattre son adversaire, il est tactiquement utile de designer nominalement ce dernier. La connaissance de l’ennemi aide à se mettre en phrase avec la conscience de la lutte. Elle aide à se familiariser avec ses modes opératoires, à déceler et à devancer les forces de nuisance de l’intérieur. Parce que l’ennemi n’est jamais un. Il est multiple. Celui de l’extérieur est le véritable ennemi. Il recrute son cheptel. Il délègue ses différentes tâches à ses tentacules de l’intérieur. Donc, les dénicher à temps contribue à arrêter la dépravation et désorientation de la lutte. Bien qu’intervenant tardivement, par rapport aux faits, nom de Gorbatchev apparait aujourd’hui en Russie pour éviter que l’histoire ne se reproduise. La question de qui est qui, qui fait quoi et avec qui et pour le compte de qui se pose avec acuité lorsque le moment véridique de l’histoire sonne. Cela s’applique également au Congo aujourd’hui. Le moment de clarification nécessite que des questions difficiles, celles qui fâchent soient mises sur la table afin de crever l’abcès pour l’intérêt suprême de la nation. Les forces qui accompagnèrent l’AFDL, de l’est à l’ouest du Congo, sont-elles à considérer, et sans exception, comme des traitres à la nation Congo ? Ba liaka dongo dongo na soni…

Likambo oyo eza likambo ya mabele…

Mufoncol Tshiyoyo, M.T.
Au nom de la Dissidence congolaise, « D » ainsi que des Amis de M.T.

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