L’Afrique du Sud, la question noire et les massacres au Congo

L’Afrique du Sud, la question noire et les massacres au Congo

Tout ce qui se dit et se raconte sur les incidents actuels en Afrique du sud, où des Noirs, des populations noires s’affrontent entre elles et dans les rues sud-africaines, fait écho de la même musique.
Les commentateurs et autres analystes, parmi ceux qui abordent la question sud-africaine, s’entendent sur un point : la condamnation du noir sud-africain, qui serait en train d’attaquer son « frère » noir, du Continent et de race. Je ne sais pas si je devrais, moi aussi, partager leurs avis, être d’accord avec eux sur leur condamnation du noir de l’Afrique du Sud ? Ma phrase, qui n’est pas une affirmation, se termine par un point d’interrogation. Je le rappelle pour éviter, dans le temps qui court, d’être mal compris, mal lu, mal interprété.

Questionner l’identité noire en Afrique 

Mes propos risquent de choquer quelques émotifs et autres partisans du discours « politiquement correct ». Mais je n’en peux rien quand la réflexion sur la question m’oblige à adopter une attitude relevant tout simplement de l’audace. Maître Rety Hamuli, par ricochet, a voulu connaître mon point de vue. Je commence par Minembwe ; C’est à l’Est du Congo. Peut-on demander aux populations Ba Fulero et les Ba Bembe de tolérer la présence encombrant et dominatrice des populations « noires » Tutsi du Rwanda sur le sol qui, de prime à bord, appartient souvenaient au Congo et aux populations autochtones ? C’est aussi une question.

L’homme appelé noir, de partout en Afrique, n’a pas encore adopté sa couleur de peau comme élément identitaire et d’appartenance à une communauté dite aussi noire. Les élites Tutsi du Rwanda, qui tuent au Congo, se définissent rarement par leur peau, par le fait d’être noir comme leurs supposés frères et sœurs Congolais.

On me dira que ce n’est pas comparable. C’est aussi un point de vue. En Afrique du Sud, la question est aussi politique, avant de la réduire à l’économie. Je crois l’avoir dit une fois, et ici je m’adresse aux partisans de la théorie « panafricanisme » basée sur l’existence d’un homme appelé noir, alors que ce dernier, de partout en Afrique, n’a pas encore adopté sa couleur de peau comme élément identitaire et d’appartenance à une communauté dite aussi noire.

Les élites Tutsi du Rwanda, qui tuent au Congo, se définissent rarement par leur peau, par le fait d’être noir comme leurs supposés frères et sœurs Congolais. Dans le cas du Congo, le panafricanisme n’intervient que quand c’est le Rwanda qui arrache la terre congolaise aux Congolais ; quand c’est le Rwanda et son élite qui place un président au Congo et à travers, lui, ils dirigent le Congo et des noirs habitant le territoire congolais.

L’individu commence à exister au moment où il dit « non » 

Comment voulez-vous qu’un Congolais, ou un Nigérian, un je ne sache qui, mais noir, aille réussir sa vie en Afrique du Sud : habiter des palaces, être dépensier, sans que son mode de vie ne provoque du ressentiment auprès des populations locales noires, ayant refusé le mode de vie de l’homme blanc qui le domine ? C’est humain, la jalousie, la haine, l’envie. Qu’on ne me dise pas que les Sud-Africains appartenaient à la race de divinité et ils seraient insensibles devant le bonheur étalé des populations noires qui en acceptant les conditions de travail imposé aux noirs, dans leur ensemble, en Afrique du Sud, contribuent d’une manière ou d’une autre à la domination de l’homme noir en Afrique du Sud, en commençant par les autochtones.

Les Africains du Sud supportent peu, à les observer, le conflit à trois : le maître (dominant), le noir africain venu d’ailleurs (comme intermédiaire), et eux, des Noirs d’Afrique du Sud. C’est ce que j’appelle la domination au second degré : du noir vis-à-vis d’un autre sujet noir, celui-ci en provenance d’ailleurs ; c’est une forme d’humiliation du premier noir (autochtone)

Des Sud-africains qui tuent des noirs en Afrique du Sud ne sont pas tous pétris d’un savoir analytique et critique, pour ne pas dire « scientifique ». Ils sentent ; ils respirent de ce qu’ils voient et surtout de ce qu’ils veulent comprendre. Je suis allé enterrer ma défunte mère Muauke Bana Bempe wa Mudiandambu, décédée à Johannesburg en 2008. J’y ai rencontré des Sud-africains qui refusaient de s’exprimer en Anglais à ma rencontre. C’était leur droit ; alors que le fait de parler anglais ou français pouvait sonner comme un honneur à certains d’entre nous. Les Africains du Sud supportent peu, à les observer, le conflit à trois : le maître (dominant), le noir africain venu d’ailleurs (comme intermédiaire), et eux, des Noirs d’Afrique du Sud.

C’est ce que j’appelle la domination au second degré : du noir vis-à-vis d’un autre sujet noir, celui-ci en provenance d’ailleurs ; c’est une forme d’humiliation du premier noir (autochtone) ; ce dernier se trouve indirectement opposé au maître dominant. L’Afrique, dans son ensemble, se trouve dans une situation de guerre. Mais nous ne nous aidons pas à y faire face, parce que nous sommes incapables comme populations à cerner le jeu de l’adversaire. Je reviens sur Frantz Fanon. Ce qui devait arriver, arriva.
Je poursuivrai ma réflexion tout en insistant sur ma liberté de pensée. Car je pense comme le journaliste suisse, d’origine serbe, Slobodan Despot, que : « L’individu commence à exister au moment où il dit « non » ».

Mufoncol Tshiyoyo, MT

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