L’ANGOLA D’EDOUARDO DOS SANTOS, « LES ÉLITES TUTSI » DU RWANDA ET LES CONGOLAIS

Nous comprenons assez bien, mais sans pouvoir les justifier, les critiques qui fusent de partout, particulièrement chez les Congolais, contre les résultats de la messe noire sur le Congo-Kinshasa qui venait d’être célébrée autour de l’Angola et à Luanda par quelques « dirigeants » du continent noir.

Et au sujet de ces critiques, tout le monde a l’air de se plaindre, de pleurnicher, de se lamenter. Ce qui donne l’impression d’être en face d’une élite congolaise en manque et en quête d’amour. Elle se dit que le Congolais est mal aimé là où il devait se battre au lieu de tout le temps critiquer. Notre fameuse élite cherche de l’affection à tout prix. Ces Congolais attendraient de tout le monde que ce dernier puisse se montrer compatissant à leur égard au nom de leurs misères. Cependant, ce monde est dur. Il ne donne rien pour rien sauf quand des peuples savent en payer le prix que lui seul est capable de se fixer.

Au Congo-Kinshasa, Edouardo Dos Santos et l’élite angolaise se conduisent en acteurs que les autres nommeraient « rationnels ». Malgré moi, cette expression est mise et reste entre guillemets parce qu’on ne sait jamais, et je le dis pour certains, et en la matière, qui est le véritable acteur ici. De manière générale, des Congolais oublient que l’Angola a longtemps souffert et payé lorsque Mobutu soutenait le feu Savimbi et l’Unita. Même si c’était pour le compte de ses maîtres. Mais où se trouvait cette élite congolaise pour condamner Mobutu du fait de son soutien à Savimbi quand des Congolais réclament la compréhension et la pitié sans les arracher auprès de l’Angola dans une situation de rapport de force imposée à ce dernier pour compter dans le jeu qui se joue dans les Grands Lacs ? Hier, des Mobutistes ont accordé une intelligence à Mobutu. Aujourd’hui, certains trouvent Joseph Kabila intelligent quand on sait que les discours de Tshombe furent écrits par des Belges et en en Belgique, quand on sait que la sécession katangaise fut l’ouvre du ministre belge des affaires étrangères, des finances et de grandes banques occidentales. Bref de l’Occident. On ne peut pas du jour au lendemain écrire des livres et annoncer comment l’Occident dirige le Congo et le domine et par la suite dire que l’élite Tutsi serait la plus intelligente quand il est dans son rôle de personnage incarnant une pièce. Louis de Funès a joué et incarné l’Avare, mais c’est Molière qui en fut l’auteur. Quid de Tartuffe ?

Qui parmi ceux qui critiquent l’Angola ont entrepris des démarches politiques, militaires et autres pour tenter de persuader l’Angola en vue de tenir compte de la voix des sans-voix congolais ? Mais qui a fait quoi auprès de l’Angola ? J’ai entendu d’autres politiques congolais insulter Sassou ? mais qui a entrepris des démarches auprès de Sassou pour lui dire que le peuple congolais veut, par exemple assassiner ou en finir militairement ou par un soulèvement le régime mercenaire en place ? On me dira que ces gens sont liés. Oui, mais en politique rien n’est acquis. Sarkozy, Blair, Barak Obama, pour ne citer que ceux-là, ont donné l’impression de fréquenter Kadhafi alors que, ce faisant, leur décision était déjà prise de le liquider physiquement, politiquement.

Quand on ne sait pas jouer, on ne doit pas accuser tout le temps, indéfiniment les autres. Jean-henry Gieskes, qui réagissait à l’un de mes propos, écrivait, je cite : « le problème de l’homme noir en général et de l’africain en particulier est d’avoir oublié qui est son véritable ennemi ». Et nous faisons notre, et sans jamais l’oublier, les propos ci-après de Franz Fanon : « ” Notre tort à nous, Africains, est d’avoir oublié que l’ennemi ne recule jamais sincèrement. Il ne comprend jamais. Il capitule, mais ne se convertit pas. Notre tort est d’avoir cru que l’ennemi avait perdu de sa combativité et de sa nocivité ». La jeunesse doit inventer, oser inventer demain et l’avenir, certes en se fondant sur les erreurs et les expériences des autres, mais en étant en mesure de proposer quoi de différent.

J’assume mes propos.

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