Le sol belge comme lieu du déroulement de la politique congolo-congolaise….

Le sol belge comme lieu du déroulement de la politique congolo-congolaise….

Désormais et officiellement, tout en RD-Congo se passe à l’extérieur du sol congolais. Plus particulièrement en Belgique, en France et ailleurs. On dirait que nous vivions encore sous l’époque de l’Association Internationale de Léopold II. Et à ce propos, je peux comprendre que le commerce, que des questions qui touchent aux relations bilatérales entre différents États se traitent et se négocient également sur d’autres cieux. Mais que la question politique interne, congolo-congolaise, se déroulât sur le sol belge, sans ou avec l’aval de la Belgique, « ancienne » colonie et maîtresse de la RD-Congo, et que la Belgique l’autorisât, parce qu’elle laisse faire, alors que les élites congolaises, toute tendance confondue, crient à l’indépendance du Congo, je me dis que nous sommes un peuple étrange, bizarre.

En effet, cet état de choses ne dérange personne, et personne ne s’en offusque. L’idée ne passe même pas à l’esprit. Il y a même risque d’être incompris, d’être insulté, d’être traité de tous les noms par les adeptes et les tenants de la pensée unique en RD-Congo. Tout le contraire chez eux de ce qu’ils prônent la « démocratie » comme lieu par excellence de la raison et du questionnement libre.

Ce phénomène touche les deux camps, les deux parties, les deux faces d’une même pièce, d’un même système. Du côté de la représentation du pouvoir-os et de celle qui s’oppose à lui. La Belgique, le sol belge abrie notoirement le siège de la messe noire sur la RD-Congo. Tout le monde y vient, même ceux qui sont censée représentés les institutions publiques nationales. Ils y viennent et non pour parler commerce bilatéral, mais pour y débattre entre congolais de la « RES publica ». Sous d’autres cieux, l’ambassadeur de la Belgique à Kinshasa serait même convoqué pour s’expliquer du fait de l’expression donnée aux opposants. Mais des Congolais trouvent normal et voire justifie le fait que le sol belge soit le lieu où la politique congolaise se déroule. Je n’ai jamais vu Morales se réunir en Espagne, et ils pouvaient bien le faire, parce que l’Espagne sut son ancienne colonie. Des élites congolaises marchent sur la notion d’indépendance et de la souveraineté nationale à l’image d’Harpagon dans l’Avare de Molière qui sortaient en criant « au voleur », « à l’assassin » alors qu’il s’agissait de lui-même dont il fut question. Comment dire que nous avons coupé le lien ombilical.

Dans sa tombe, Lumumba se retourne, lui, qui affirmait dans sa dernière lettre à sa femme, viendra un jour où l’Histoire du Congo ne sera plus écrite sur le sol belge, à Paris, à New York, mais au Congo et par des Congolais. Ceux d’aujourd’hui invitent les Congolais à circuler car il n’y aurait plus rien à voir…

« Le prix de l’homme baisse quand il n’a plus l’usage de sa liberté », HÔ CHI MINH

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