Le tweet de l’ambassadeur chinois Zhu Jing en RD Congo

Le tweet de l’ambassadeur chinois Zhu Jing en RD Congo

Zhu Jing écrit : « La République démocratique du Congo ne doit pas être le terrain de combat des grandes puissances. Personne n’a le droit de se servir du pays, un État souverain et indépendant, pour satisfaire ses propres intérêts. »

Le fait que la Chine s’autorise le droit de réponse à un adversaire, dont le nom n’a pas été désigné nominalement, atteste que la RDC est loin d’être un État souverain. Permettez-moi la tautologie « État » et « souverain ». Puisque la souveraineté étant l’essence sans laquelle l’État n’existe, on ne peut donc séparer les deux. Cela dit, revenons un peu au contenu du Tweet en nous posant des questions suivantes. La Chine était-elle dans l’obligation de répondre ? Et, à qui sa réponse devrait-elle s’adresser ? Quelles sont, justement, les puissances auxquelles il est fait allusion dans le tweet ? Puisque la Chine par son représentant a manqué le courage de les nommer. Dans tous les cas, il appartenait et appartient à la RDC de se prononcer sur la question de souveraineté telle que le tweet de l’ambassadeur chinois la soulève. La Chine, sans justifier sa déclaration, semble avoir longtemps attendu la déclaration le positionnant officiel de la RDC par rapport aux « puissances » propriétaires du Congo. Pour ne pas donner l’impression que les ambassadeurs américain et rwandais sont les seuls, habilités à s’exprimer publiquement au Congo, la Chine cesse d’être muette dans un pays où l’État a délibérément fait le choix de servir un maître. Les récentes sorties médiatiques chinoises et américaines démontrent suffisamment qu’il y a absence d’État au Congo. Sinon, les deux pays ne se moqueraient jamais de la souveraineté congolaise mise en jeux ici.

Toutefois, l’ambassadeur de Chine en RDC a tactiquement lancé un défi aux Congolais. Ils sont appelés à clarifier leur positionnement vis-à-vis, d’un côté, des puissances « occidentales », elles se sentent chez elles au Congo, et de l’autre, de la Chine. Cette dernière pense aussi avoir son mot à dire dans le pays. Ainsi, le monde sera définitivement fixé. On vit dans un pays où le sujet de loyauté en faveur d’un camp contre un autre n’a jamais fait l’objet d’un débat public. La Chine et les USA apprécieront. Mais, on n’oubliera jamais le fait que toute clarification du positionnement congolais comporte des risques. Elle engendrera des conséquences. Quel camp choisir ? Lequel défavoriser ? Et, qui en aura en plus le toupet ? Le Congo d’aujourd’hui se trouve-t-il dans la situation d’opter pour une voie sans que son choix, si seulement il y en avait un à faire, ne conduise à l’élimination physique des hommes « politiques » congolais ?
Dans l’entretemps, et désormais, les ambassadeurs américains et rwandais ne seront plus les seuls à disposer du droit à la parole au Congo.

Pour clore, une série des questions s’impose. Quelles sont les « forces » politiques congolaises, qui seraient proches de la Chine et sur lesquelles cette dernière compterait ? Le camp de l’Amérique et du Rwanda, et on le sait depuis la nuit des temps, s’enorgueillit du contrôle de ce qu’il y a comme monde politique au Congo aujourd’hui. Voilà pourquoi, on lutte pour que la Dissidence trouve tout son intérêt dans un pays sans âme. De toute façon, l’histoire aura son mot à dire demain.

Likambo oyo eza likambo ya mabele…

Mufoncol Tshiyoyo, MT
Un Homme libre

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