Le Venezuela a choisi son camp, Poutine et la Russie…

Le Venezuela a choisi son camp, Poutine et la Russie…

Le Venezuela de Chávez et de Maduro (les enfants de Bolivar et adeptes du bolivarisme) est un pays voisin continental des États-Unis. Dans une interview accordée le 22 février dernier, Maduro apporte objectivement un soutien vénézuélien sans faille, et selon ses propos, aux « causes courageuses et justes dans le monde ». Est-ce le temps de compter ses alliés puisque les hostilités sont déjà lancées. Parmi le tous premiers à afficher son soutien à la Russie figure, hormis la Chine, le Venezuela. Pourquoi ai-je fait allusion au Venezuela ? Des sanctions contre la Russie sont annoncées avec pompe ci et là. Pour un bon nombre d’analystes, les sanctions de l’Occident apparaissent comme une « démonstration d’impuissance ». D’autres évoquent même une caractéristique essentielle de faiblesse. Cependant, on oublie souvent qu’à l’époque de la Guerre Froide, l’Union soviétique a installé ses missiles à Cuba non loin des États-Unis, Cube un autre pays du Bolivarisme. Le premier diplomate russe, Sergueï Lavrov parle des représailles russes en réponses aux sanctions contre la Russie. L’éventualité vénézuélienne n’est pas à exclure surtout quand l’Occident, du moins ce qui en reste, ne saisit le langage de la violence.

Par ailleurs, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi prend soin de ne pas qualifier d’invasion l’opération militaire russe en Ukraine. C’est tout dire. La guerre comporte plusieurs volets, entre autres gagner la psychologie, et ce, en soignant et travaillant le discours à l’origine de l’adhésion à la « cause juste » au nom de laquelle le conflit est engagé. Il y a une précision à apporter quant à la position de Beijing. Le monde a perdu de vue que la Russie et la Chine se sont rencontrées le 4 février dernier avant l’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver. Poutine et son hôte Xi Jinping ont diffusé un communiqué sanctionnant leur rencontre. Il a porté le titre suivant « Déclaration commune sur les relations internationales entrant dans une nouvelle ère ». Je tire l’attention sur l’expression « nouvelle ère ». Que découvre-t-on dans ce document ? « Aujourd’hui, le monde traverse des changements capitaux et l’humanité entre dans une nouvelle ère de développement rapide et de transformation profonde. [Ensuite plus loin dans le même document], il est y clairement exprimer qu’il y a « une interrelation ainsi qu’une interdépendance croissante entre les États ; une tendance a émergé vers la redistribution du pouvoir dans le monde ». On n’a pas besoin que quelqu’un nous fasse un dessin. La Chine a choisi son camp. Même si elle ne la déclare encore ouvertement, les évènements de l’Ukraine ne lui sont étrangers.

Sans fard, nous sommes invités à assister à la naissance du « monde multipolaire ». Pour le moment, c’est amplement suffisant et essentiel. La naissance « des deux jumelles », si je devais reprendre l’expression de Pépé Escobar, les deux républiques « Donetsk and Louhansk People », fait rentrer officiellement le monde au XXIᵉ siècle. La Russie signe par le sang et la conquête l’acte fondateur du 21ᵉ siècle, de la multipolarité. Comme dans toute naissance, celle-ci n’échappe nullement à la règle. Elle s’accompagne inopinément ou heureusement des réalités douloureuses. Le temps des loups est revenu. Dans ce cas, malheur aux peuples qui ne l’auraient ni saisi, ni intégré dans leurs perspectives du monde réel, et ne sauraient ni se défendre seuls. Les peuples qui ne compteront que sur la protection des supposés parrains paieront un lourd tribut.

Le temps de faire la politique autrement a plus que sonné.

Likambo oyo eza likambo ya mabele.

 

Mufoncol Tshiyoyo, M.T.

Au nom de « D », la « Dissidence congolaise »

 

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