Leadership politique congolais, quête du pouvoir, peur de la mort, absence du sens de sacrifice, peu confiance en son peuple ….

Leadership politique congolais, quête du pouvoir, peur de la mort, absence du sens de sacrifice, peu confiance en son peuple ….

Combien de congolais de la RD-Congo sont ou seront prêts à mourir pour que tel personnage qui bénéficie de leur faveur ou soutient accédât au pouvoir ? Je pose cette question parce que je me dis que nul ne peut continuellement parler du soutien à un homme politique, surtout dans le contexte congolais d’exploitation-exploiteur et exploité, sans aller jusqu’au-bout de ce que le risque de son action peut des fois exiger. Je trouve à un moment donné que le soutien verbal ne suffit plus pour jauger de l’engagement d’un peuple à la lutte menée par son leadership. Et la même question se pose aussi au leadership politique congolais. En fait, combien d’entre eux accepteraient de mourir pour libérer le peuple congolais de son assujettissement actuel ? J’insiste bien sur « libération » et « assujettissement » de peuple et non positionnement politique d’un leader en pour son accession au pouvoir.  Et sur ce sujet particulier, Il y a mélange de genre et de confusion en RD-Congo. Par contre, d’autres se demanderont, et ils n’auraient pas tort non plus, pourquoi un homme politique devrait forcement mourir quand il défend la cause nationale. Toute action politique, à un moment ou à un autre, en devenant frontale, fait courir aux acteurs le risque de la prison, de l’exil, d’être tués, bref de subir une violence physique qui leur serait fatale sans pour autant l’avoir voulue ou recherchée.

Mais l’impression qui est la plus répandue chez nous est que ni le peuple, ni son leadership politique, en particulier ceux qui se mettent au-devant de la scène, n’est prêt à suivre l’un ou l’autre, et ce jusqu’au bout de la démarche. Le cas de Diomi Ndongala, mais combien se retrouvent en prison avec Diomi Ndongala ? Que deviennent les membres de sa famille ? Combien continuent à en parler, bien sûr en en dehors de ses propres partisans, en termes du soutien financier ou autre ? C’est presque qu’un oubli. À un moment donné, je dis que cette situation peut paraître décevante, comme elle peut également être à l’origine d’une méfiance qui existe de part et d’autres, de l’homme politique vis-à-vis du peuple et de ce dernier à l’égard de l’élite.

Je dirais plutôt que la masse ne saurait se mettre dans la situation du risque de la mort et du sens de sacrifice que si le leadership politique, auquel elle croit et suit, se montrait lui-même capable de bravoure et d’audace. À ceux qui me brandiront la non-violence comme instrument de lutte, je réponds que les deux cas les plus en vue, Gandhi et Martin Luther King, se soldèrent par le sacrifice suprême, leur assassinat. La non-violence n’a jamais été une question de choix mais une réponse à la nature du conflit qu’impose l’adversaire.

Le leadership politique congolais actuel se met dans la situation où sa mort ou disparition physique, je dis qui n’est pas du tout envisagée et n’est envisageable, n’aboutirait à la libération nationale du moment où, et c’est ce qu’il croit, le peuple au nom duquel il se sacrifierait ne saurait accéder au pouvoir, à la direction du pays. Ils ne sont pas certains que leur mort physique servirait à quelque chose.  La peur de mourir serait aussi un autre facteur. Contrairement à Gandhi qui, d’après son biographe européen Jacques Attali, aurait souhaité mourir de cette façon, c’est-à-dire assassiné pour que sa mort arrachée par son assassinat serve de jalons ou jette les bases d’une nouvelle identité indienne. Martin Luther King s’attend à sa mort. Il le sent venir et l’annonce même dans son discours de Memphis quand en s’adressant à la masse, il crie : « j’ai été sur la montagne et j’ai vu la terre promise, « I may not get there with you ». La non- violence ne justifie pas la fin.

Et je voudrais affirmer que personne n’émet ici le souhait de la mort d’un leader ou de son peuple. Mais dans l’hypothèse où celle-ci, souhaitée ou pas, fut la seule condition pour sa libération, son émancipation et peut-être du changement attendu, serait-il un crime d’en parler, de poser des questions et ce pour appréhender le degré d’engagement des uns et des autres.  La RD-Congo tend vers des moments périlleux. Les maîtres de Joseph Kabila et lui-même tiennent à garder le règne du pouvoir en RD-Congo. Que faisons-nous ?

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