Mavungu de l’UDPS et la question de l’inacceptable citoyenneté congolaise….

Mavungu de l’UDPS et la question de l’inacceptable citoyenneté congolaise….

Lors de sa dernière sortie publique, monsieur Mavungu, de nationalité congolaise, qui est à la fois, et il est ici important de le souligner, juriste de formation, avocat et membre influent de l’UDPS, a, dans une vidéo en circulation et qui nous est parvenue par le soin de nos services, tenu, ce à Kinshasa même, un discours virulent qui dénonce ceux , selon lui, qui ne seraient pas assez congolais alors qu’ils agissent et parlent au nom de la RD-Congo et de son peuple.

À entendre Mavungu parler, et sur cette question précise, une opinion affirmerait, et ce avec raison, que sa démarche qui consiste à clarifier la position de « qui est réellement qui » en RD-Congo serait flottante, en ce sens qu’elle ne s’appliquerait qu’à quelques individus alors que d’autres avec lesquels le commerce est autorisé sont également concernés. Mais ce n’est pas ici l’occasion de relever la complexité de sa démarche. Le présent texte tient plus à mettre en évidence la gravité du sujet abordé plutôt qu’à incriminer quelques individus qui se sentiraient, à tort ou à raison, visés.

Je cite notamment Mavungu : « Est-ce que soki olobi lingala, ozali mungala ? [Et la masse, en communion avec lui, répond avec enthousiasme] “Te”. [Mavungu poursuit et le public avec lui]. Est-ce que soki olobi Tshiluba, ozali muluba ? “Te”. Est-ce soki olobi swahili, ozali muswahili ? “Te”. Est-ce soki olobi Kikongo, ozali mukongo ? “Te”. Fin de citation. ‘

Mavungu dans son prêche ne communique aucun nom à son public. Mais le public semble apprécier et connaitre de qui il s’agit. Alors discours politique ou engagement national, Mavungu promet qu’il ne sera plus question d’inacceptable en RD-Congo. À l’histoire de le dire….

Alors que cette question qui fut jusque-là escamotée, voire interdite depuis les élections de 2006 et ce par Louis Michel, elle apparaissant presque comme un sujet tabou, Mavungu la remet sur la table : de la citoyenneté congolaise. Et ce à l’intérieur du système même. Mais ni le procureur général de la république, ni le système judiciaire congolais dans son ensemble, ni la presse congolaise de Kinshasa, ni les élites politiques et intellectuelles, je dirais aucune institution humaine et sociale au Congo, ne se sentit interpellée par l’interrogation publique de Mavungu, et ce, pour lui en donner une suite ultérieure. Aucun procès ne fut même tenté, aucun plaignant, et ce dans un camp comme dans un autre, contre Mavungu et contre son discours. Personne au Congo de Lumumba tient en savoir plus sauf que tout le monde fréquente tout le monde, tout le monde dans cette hypocrisie généralisée, nage dans cette complaisance. Qui ne sait pas qui est qui est en RD-Congo?

Le silence, je dirais macabre, qui entoure les déclarations de Mavungu, ne surprendrait qu’une catégorie de gens. Mais il démontre à suffisance que rien de bon ne sortira de l’intérieur du système. L’opinion sait à qui elle a affaire en RD-Congo. Elle sait où se trouve le degré de complicité, de complaisance et de lâcheté. Pendant ce temps, la jeunesse congolaise et nous-mêmes n’avons jamais cru qu’il se jouait une histoire en RD-Congo en l’absence d’acteurs, d’actions, de passion et d’histoire humaine et propre à construction en RD-Congo.

Peuple congolais, c’est à nous à fixer les règles du jeu. Nous prenons le pouls de notre peuple et ce avant le rendez-vous avec l’histoire

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