On ne peut aimer l’un et haïr l’autre, la grande comédie congolaise

On ne peut aimer l’un et haïr l’autre, la grande comédie congolaise

Je trouve quand même cela grave et aussi ridicule que les masses congolaises, qui disent, et avec raison d’ailleurs, haïr le Rwanda, puissent avec ma grande surprise afficher une préférence, un peu injustifiée, pour l’un des candidats aux « élections » au Congo, alors que, si seulement on savait lire les signes, tous les candidats ont obtenu l’aval du Rwanda (Paul Kagamé) et de Museveni (Ouganda) avant d’être soumis au vote de Congolais. Dire le contraire, c’est nous prendre tous pour des cons. Et si on en reparle, un sujet de peu d’importance pour nous, c’est pour que tous ceux qui parlent au nom d’une certaine diaspora fasse attention quand ils essayent d’embarquer tout le monde dans un marché des dupes du genre du mouvement que nous avons connu en Occident et que tout le monde a appelé « “Joseph Kabila “dégage ». Je ne voudrais pas être mal compris sur cette question précise.

D’abord, cessons d’utiliser abusivement le concept diaspora, en lieu et à la place, je proposerai que les concernés puissent parler au nom de leurs organisations et associations respectives dans la diaspora, lorsqu’elles organisent des marches en scandant le nom de leur favori. Je ne pense pas que ce soit une question d’amour ou de désamour à l’endroit de je ne sais pas qui. Il s’agit dans l’ensemble de savoir ce que les gens et les masses qui le suivent veulent en réalité pour le Congo. On ne peut donner l’impression de vouloir une chose et son contraire.

Des gens ont follement crié hier « Kabila dégage », un slogan presque inutile; alors que nous avons eu à préciser le fond de notre pensée. Pour nous, le fait de dire simplement « Joseph Kabila dégage » exprimait une erreur de perception , de stratégie et aussi un mauvais message que l’on envoyait aux « décideurs-propriétaires » du Congo ( en référence au discours du Franco-béninois Zinsou https://www.youtube.com/watch?v=NMjIPZWYJWQ ) , qui ont eu à placer leur mercenaire à l’endroit où il se trouve, à la tête d’un chaos organisé et dénommé le Congo. Comme Mobutu le fut hier pour les Occidentaux, le fameux Joseph Kabila, à l’instar de son maître Paul Kagamé, n’était qu’un simple fusible de second degré, même pas le fusible principal, mais un fusible à faire sauter par le maître des céans lui-même et non par les masses populaires congolaises. Ce ne sont pas les Congolais qui ont eu à placer cet homme à la tête du Congo. Pendant que vous chantiez « Kabila dégage », le maître s’étonnait presque, en se disant : ” Ah bon et c’est tout ce qu’ils réclament ces gens !” Dans ce cas, il prendrait soin pour que le nommé « Joseph Kabila » ne puisse se représenter. Cependant, personne ne se demandait ce que se représenter pouvait en effet signifier. Se représenter où ? Quad on sait qu’il n’y a pas de pouvoir en Afrique, surtout pas dans un Etat qui n’est pas raté, mais qui est rendu raté afin de mieux exploiter et les humains et la terre. « Joseph Kabila » n’a jamais été le centre d’un pouvoir qui était lui-même absent. On me dira, oui mais « sa » fortune, -et laquelle ? – quand tout a été arraché à Mobutu. Cette fameuse fortune n’est juste qu’une forme d’appât tendu aux autres proies qui solliciteraient le job. Les véritables attributs du pouvoir, la bande à Kabila ne les détient pas. Puisque le gars n’est jamais arrivé à la tête du Congo par son propre vouloir ou une ambition personne affichée et exprimée. Son départ le sera aussi. C’est le sens de la fameuse phrase de Mobutu à Bill Richardson : « C’est ainsi que les USA me remercient après de loyaux services que je leur ai rendus ». John Le Carré dans son roman intitulé ”The Misison Song” se charge d’expliquer le reste.
Alors, ”Kabila dégage” était une perte de temps puisque cela ne touchait pas aux intérêts de ses maîtres, le réel pouvoir au Congo. Dire qu’ils ont empêché de ne pas se représenter alors que les Tutsis conservent et contrôlent l’ensemble de pouvoir régalien dans ce pays, c’est se moquer de soi-même, pas de nous.

Aujourd’hui, on refait presque la même chose. Je ne m’oppose pas au fait que l’on ne puisse pas aimer un tel individu, quand on dit aimer l’autre. Ils vont me parler de la morale. J’ai toujours fait un effort de ne jamais mélanger les deux genres. Normalement, La politique n’a rien à voir avec la morale. Le Cardinal de Richelieu, qui était un prêtre, l’explique encore mieux : « Il y a la morale privée et la morale publique. [Mais] ceux qui veulent, dans la morale publique, mettre la morale privée, en général, font beaucoup plus de mal au pays que ceux qui ne respectent pas la morale privée ». Donc faisons bien la part des choses.

Les deux gars, dont l’un est haï, je ne suis pas son avocat, alors que l’autre est aimé, ont tous les mêmes parrains. Au niveau régional, les deux sont proches de Museveni et de Paul Kagamé. Celui qui est adoré a comme soutiens principaux un certain Katumbi. Mais qui, au Congo, ignorent, alors atombola mosapi, les accointances de Katumbi avec la bande de Kigali ? Le fils de Jeannot, qui a été libéré par la CIA, a comme parrain direct Museveni. Bien sûr que l’autre s’était rendu à Canossa et il y a rencontré Museveni. De l’arbitrage de Museveni et de Kagamé, allié de Bemba et de Katumbi et soutiens de l’un des candidats, je note que Paul Kagamé a driblé Katumbi, a jeté son dévolu sur Limite, à qui ils ont remis la gestion du ”pouvoir-os”. Je n’ai jamais été tenté par ce type de pouvoir. Ma théorie a toujours été celle du maître, du chien et de l’Os. Je ne voudrais pas que l’on ne m’accuse de je ne sais pas quoi. Le gars de l’hôtel en face des Grands Hôtels à Gombe arrive à Goma. Le public chante à chacun son pays. Il leur répond « je vous comprends » alors que les masses congolaises cherchent un leader capable de leur designer un adversaire. À l’est, on sait qui est qui et on attend du leadership un signal. Tout le monde botte en touche sur la question. En revanche, Nkuruzinza a eu à désigner nommément Paul Kagame comme étant l’ennemi du Burundi. Cela aurait été aussi une possibilité de mobilisation des masses congolaises. Personne n’a des couilles.

Je ne comprends rien et je cherche à comprendre ce qu’il y a à saisir que les gens ne veulent pas dire. Que l’on ne veuille pas me parler des Baluba ici. C’est une connerie. Je dénonce l’ethnicisme d’où qu’il émane. Ce n’est pas parce que les masses suivent quelqu’un que nous devons tous être là à suivre sans raison le choix populaire. Si on ne sait pas non plus expliquer aux masses, on ne pourra que s’en prendre à nous-mêmes. C’est de la folie. Juste une phrase que veulent les Congolais ? Je ne soutiens pas un camp et personne ne saura m’accuser de quoi que ce soit, s’il le ferait pas de mauvaise foi. Paul Kagame ne quittera pas le Congo ni « Joseph Kabila » si les deux ne sont pas défait militairement sur le terrain de combat. Les élections sont une plate-forme pour faciliter le jeu de la chaise musicale, placer des clients à leur guise. Elles ne répondent pas à la nature de la lutte qui nous est imposée. Pour le reste, c’est ridicule. Celle ou celui qui m’interdira de parler n’est pas encore né. Le Congo brûle.

Mon camp et mon discours sont connus du public : Likambo oyo eza likambo ya mabele.

Mufoncol Tshiyoyo,
MT & Associates Consulting Group

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