Plus de 20 ans de domination du mercenariat rwandais et Tutsi au Congo-Kinshasa…

Plus de 20 ans de domination du mercenariat rwandais et Tutsi au Congo-Kinshasa…

Je parle du mercenariat et non de domination rwandaise au Congo-Kinshasa. C’est pour éviter d’affirmer que ce sont des Rwandais, bien que cet état de choses nous déshonore tous, qui asservissent des Congolais. En effet, il est bien connu du public informé, que des Tutsis, à qui l’Occident anglo-saxon a offert des services, exécutent un projet au Congo-Kinshasa qui dépasse bien le cadre de leur intelligence et spécificité ethnique sans le concours et la participation avérée de la main invisible du maître. Cependant, un jour l’histoire aura à dire son mot. Et c’est alors que le monde retiendra que des « Noirs » appelés Tutsi avaient vendu comme par le passé d’autres « Noirs », des Congolais. Et juste pour des miettes. Car, Il y a de l’intelligence dans la création et l’affirmation de soi en tant qu’être particulier et distinct, dans la réalisation de ses propres motifs plutôt que dans la subordination volontaire à autrui. Et c’est malheureusement le cas avec les Tutsis qui ont délibérément renoncé à l’honneur et à la dignité d’un soi supérieur. C’est une des raisons qui expliquent le fait que je me montre peu surpris quand les Ruberwa et compagnie arrivent quand même à séduire quelques sujets congolais. La matière qui nous compose n’est pas faite de la même substance.

Néanmoins, je me dois de reconnaître que cette période, à la fois ténébreuse et longue, fait tâche dans l’histoire d’un peuple congolais dont le parcours a produit dans des conditions horribles un digne fils du pays de la trempe de Lumumba, ici pris dans son discours de « Nous avons connu » du 30 juin 1960 prononcé devant le monde entier qui est longtemps resté admirateur et le représentant officiel d’un occident pétrifié.

Aujourd’hui, cela fera plus de 20 ans que le peuple du Congo-Kinshasa dans son ensemble croupit sous le diktat du mercenariat de l’élite tutsi du Rwanda. Et 5 années de domination, c’est déjà trop. Alors que dire d’une année de plus pour un peuple qui a eu à souffrir dans sa chair les méfaits de l’esclavage et la colonisation. N’est-ce pas que le peuple congolais a en réalité tout connu ! Il a vécu toute sorte d’oppression. Et pourtant, il met plus de 20 années à endurer sa sujétion à un autre peuple sans qu’une seule tentative de lutte et de libération, organisée de sa part contre ses envahisseurs d’un autre genre. Pour beaucoup, je sais que combattre « joseph Kabila » serait déjà synonyme de s’opposer ou de batailler contre le mercenariat de l’ethnie tutsi du Rwanda placée sous la direction de son soldat Paul Kagamé. Moi, j’en doute fort. Car « Kabila dégage », est le type de slogan qui est justement crée pour abrutir le peuple quand ce dernier peut s’offrir un noble et grand destin.

C’est vrai que peu le comprennent. Mais nous autres avons adopté le même comportement vis-à-vis de Mobutu hier. Nous avons tenu le même type de discours. Le genre de celui qui se raconte aujourd’hui partout. Et surtout par les mêmes acteurs. Et ce qui pourrait arriver en pareil cas arrivera. L’Occident anglo-saxon dans son rôle saura comme d’habitude tromper la vigilance de toute la masse populaire en lui imposant une solution sur mesure et à son goût. Si du moins tout le monde le regardait et laissait faire. Hier, Le peuple a salué et dansé au rythme du départ de Mobutu ignorant par ce fait même accueillir et applaudir ses bourreaux d’aujourd’hui. L’expérience nous apprend que la question n’a jamais été celle du départ de Mobutu. Et je ne voudrais pas être mal interprété. C’est comme « Kabila dégage » aujourd’hui. Même si certains s’en réjouiraient. La préoccupation majeure reste de construire une posture face à un adversaire dont la nature n’a jamais changé et jamais ne changera. Un adversaire qui semble bien maîtriser ses sujets. Car il lui suffit comme un chercheur dans un laboratoire créer des conditions et les y placer pour les entendre parler du dialogue, de candidature à la présidence. Le peuple congolais oublie ce que cite Rafael Correa dans son hommage au grand Fidel Castro. Je cite Correa : « le général Eloy Alfaro, l’ami de Martí, avait l’habitude de dire : Si, au lieu d’affronter le péril, j’avais commis la lâcheté de passer à l’ennemi, nous aurions joui de la paix, d’une grande paix : la paix du colonialisme ».

Il existe une nette différence entre la répétition de l’histoire, et au Congo elle ne se reproduit pas, et le sentiment de stagnation, d’immobilité et d’immobilisme quand la nature a prévu que tout soit soumis à sa loi d’évolution. Au Congo, on ne saura jamais parler de répétition de l’histoire. En réalité, on n’est jamais parti. On fait du sur place.

Qu’est-ce qui se passe dans ce pays où parler de domination du mercenariat ou simplement de présence Tutsi au Congo-Kinshasa divise les Congolais. C’est la discorde totale. Hayek aura dit dans La Route de la Servitude que « nous ne sommes pas d’accord sur le coupable ». Voilà le nœud du problème qui laisse entendre que l’essentiel de notre assujettissement est loin d’être intériorisé. C’est tout simple quand les uns se félicitent de rouler carrosse. Que les autres voyagent aux frais du plus fort, misent sur le salaire de la corruption comme arme de conquête et d’esprit. Nous perdons le combat sur le terrain des idées. Alors dans le processus de sa servitude, la victime consentante s’allie à ses bourreaux qu’elle ne sait autrement identifier que comme alliés. On citerait volontiers des noms. On en démultiplierait des exemples dans tous les camps. C’est le cas de tous ces auteurs congolais auteurs qui écrivent et publient des livres dans lesquels ils se montrent virulents contre le néocolonialisme en désignant du doigt les États-Unis et la Grande-Bretagne. Mais ironie du sort, ils restent accrochés aux mamelles de l’Empire sans lui arracher, ou de leur « partenariat », la cessation de nos misères et la subordination de notre peuple.

C’est dans le même registre que s’inscrivent tous les meetings que des Congolais organisent au nom de leur regroupement respectif, des marches, des villes mortes auxquelles ils participent. Sauf que je nous demande contre qui elles sont destinées, contre qui elles se tournent ces manifestations ? Contre « Joseph Kabila » ?

L’élite Tutsi, les Nande, les Maï-Maï, et la réponse congolaise

Le mercenariat tutsi au Congo-Kinshasa opère de manière efficiente à partir d’une base ethnique. Tandis que des Congolais, comme réponse, créent des partis politiques et autres associations de la société civile qui, au demeurant, restent perméables à la déstabilisation. L’élite tutsi a le temps d’infiltrer ce système à partis politiques du moment que ses motifs d’affiliation ne reposent pas sur une base d’ordre idéologique. Les Tutsis se présentent en groupe ethnique dont l’unique agenda reste la promotion et la défense de l’ethnie tutsi et de son positionnement contre des ethnies congolaises cibles. Et ses effets ravageurs sont visibles et palpables.

En général, des liens de sang sont incorruptibles. Parce qu’Ils reposent inconsciemment sur une attache indéfectible. Et dans ce cas, il parait difficile de trahir les siens. Par contre, des liens sociaux uniquement basés sur une appartenance aux mêmes idéaux politiquement partagés résistent à peine à l’épreuve du feu et à la contradiction. Quand la filiation tutsie ethnique repose sur un code de comportement et de croyances dont les partis politiques et autres groupements du même genre sont démunis.
Assurément, 20 années du mercenariat rwandais sans que ce dernier ne se sente menacé, sans que l’élite tutsi du Rwanda ne se ravisât et révisât sa stratégie d’occupation sauf si nous admettions que nous étions tétanisés et incapables. La stratégie congolaise adoptée jusque-là a plus contribué à supporter le poids de 20 années d’humiliation qu’à lutter contre la nature de l’adversité imposée et contre l’adversaire.

Survient alors la question de l’importance des ethnies congolaises dont le nombre dépasse les 450 groupes sociologiques enregistrés depuis 1885. Uniquement à s’accuser mutuellement de luba, de né-kongo, de bangala, de swahili ou encore de ceci ou de cela quand ils peuvent servir de ciment d’un peuple à l’heure de la montée des périls. Les ethnies congolaises devraient se constituer en ultime recours quand l’État auquel elles délèguent une partie de leur pouvoir est désacralisé et a failli. C’est le cas aujourd’hui de l’État congolais rendu failli. Pour se faire, les ethnies congolaises, c’est-à-dire l’informel organisé en ordre de bataille et d’existence, devrait reprendre le contrôle de son devenir en commun, notamment en s’organisant, en luttant côte à côte et mains dans les mains.

Et je vois notre cher ami l’Abbé Jean Pierre Mbelu me dire que les Nande, comme groupe sociologique et réponse ethnique, livrent leur combat sur le terrain. C’est excellent ! Et qui ne l’admirait pas ? Que des Maï-Maï sont en train de résister à l’Est du Congo. Je dis également bravo. Mais un jour viendra où on saura se regarder et se raconter des vérités en sur ce qui s’est réellement passé à l’est du Congo quand des alliances contre nature se formèrent avec les Tutsis au sein de l’AFDL. Qui sont ceux qui ont eu à composer avec des voisins Tutsis dont on connaissait les projets de conquête de nos terres sans se prémunir de toutes les précautions utilies ? Et voilà où tout cela nous a conduit. Le pays est au bord de l’implosion. Malgré tout, ce serait également méchant de ne pas reconnaître que c’est grâce au combat et à l’engagement de nos frères et sœurs de l’est du Congo que nous sommes encore là et ensemble, ce en train de parler du Congo. Toutefois, Il y a urgence.

À ma connaissance, l’est du Congo-Kinshasa ne fait pas à lui tout seul le Congo-Kinshasa. Il est une partie de l’ensemble du territoire national qui comprend 2 345 000 km2. C’est entonnant que plus de 450 groupes ethniques congolaises ont assisté sans réaction à la conquête militaire du Congo et à l’accession d’un groupe non congolais à la tête de la RDC. C’est au vu et au su de tout le monde. Qui a réagi et à quel niveau ?

Bien sûr que la responsabilité est collective. Mais ce serait erroné de croire que les Maï-Maï et les Nande seraient les seuls qui sont directement touchés et concernés. Qu’est-ce qui fait ou explique le fait que les autres groupements sociologiques tardent à prendre part à notre lutte commune d’affirmation de nous comme peuple ? Attendent-ils chacun une invitation ? Et de la part de qui quand l’État qui devrait les rassembler tue la nation ? Et si c’est le cas, et c’est aussi possible, alors je demande qui a fait quoi comme démarche, et auprès de qui dans les deux sens, soit pour offrir des services, soit pour lancer un appel au secours si il est prouvé que tout le monde se montre aveugle à ce point ? Comme Pepe Escobar l’affirme, nous sommes appelés à « briser les cercles vicieux dont le présent s’empêtre, dans lesquels il se complait et dont, aussi, il se masque ».

Le temps est venu d’inquiéter le Rwanda, celui d’affronter Paul Kagamé. Le temps de construire pas à pas une lutte dont l’ambition est d’être audacieuse, un combat qui sera axé sur la compréhension et l’anticipation de l’évolution du monde. L’amateurisme tue la lutte. Quand on tue la jeunesse congolaise et que personne n’assène des cours identiques à ceux de l’adversaire, je dis que c’est de l’amateurisme. Et j’en appelle à un sursaut d’orgueil national. Mon appel s’adresse particulièrement à ceux qui sont à même de saisir ce discours.

Likambo oyo eza likambo ya mabele

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