Tchad,”mort” de Idriss, message clair aux nègres de service, aux élites russe, anglo-saxonne et chinoise en Afrique…

Tchad,”mort” de Idriss, message clair aux nègres de service, aux élites russe, anglo-saxonne et chinoise en Afrique…

La France ne défendra son beurre. Après le coup orchestré en Libye, ne dit-on pas que « jamais un sans deux », la campagne militaire de la recolonisation de l’Afrique est froidement lancée. Ce qui apparaissait jusque-là comme une simple rumeur se confirme de plus en plus à travers l’élimination physique, opérée et réussie, de « l’homme de la France », un serviteur zélé dont le parcours s’achève une fois de plus en sang, et ce, malgré sa fidélité bien que mesurée. Cependant, on ne pourra pas faire comme si ce n’était jamais grâce à la France qu’Idriss a longtemps été toléré là où la France avait réussi à le placer. Toute l’histoire de ce que représente l’Afrique d’aujourd’hui et d’avant-hier défile sous nos regards intéressés, mais pas totalement ébahis.

Sauf pendant plus de 30 ans, le défunt Idriss avait perdu de vue qu’il n’était que rien, juste un pion au service des maîtres sans cœur ni âme et bien conscients d’avoir placé des « hommes de paille » à la tête des territoires qualifiés d’États africains. Il lui arrivait de temps en temps de « se rebeller », le temps que dure l’illusion. Était-ce une sorte des « rébellions » tolérées, autorisées dans un sens ou dans un autre comme gage d’adhésion populaire à la domination maquillée par des coups de tête impromptus. En effet, l’homme était presque isolé, sans défense, puisqu’il n’a jamais, seul ou avec ses paires africaines, constitué un groupe capable de menaces contre les intérêts extraterritoriaux. 30 ans ou 20 ans, peu importe le temps matériel, mais l’essentiel, c’est quand l’heure de sortie résonne, on assiste à l’apparition des Bill Richardson, sortant de leur ombre pour livrer l’ultime message : déguerpir avant que l’instant d’après ne soit trop tard. L’histoire contemporaine offre des détails précis que malheureusement ne mettent à profit les fraîchement débarqués dans le monde illusoire des costumes, des cravates et des gardes de corps, envoûtés et aveuglés par des nouveaux objets de « distraction » susmentionnés. La question que l’on est en droit se poser, c’est de savoir pourquoi la liste d’attente devant les portillons de la servitude volontaire ressemble plus à une rivière dont la source ne tarit jamais ? Pourquoi et comment il y a toujours des candidats se battant pour y être enrôlés et servir alors que, malgré des promesses de bâtir une Afrique solide, un pays fort, ces dernières ne connaissent un début de réalisation ? On croit surprendre le maître, alors que c’est qui détient seul la vérité du moment, celle de l’entrée en fonction et de la fin de service. Dans ce monde, la réalité est qu’on n’y entre pas n’importe comment : quand on le désire. Et on n’en sort pas non plus quand bon lui semble. Le bon sens à lui seul ne suffit pour dissuader les dubitatifs et des amateurs de toutes sortes.

La question de la recolonisation de l’Afrique, apparemment banale, mérite d’être reconsidérée. D’un côté, elle s’accompagne de l’action militaire (Samuel Huntington, Le Choc des civilisations, en anglais The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order). Tandis que de l’autre, les élites africaines courbent l’échine. Même si le moment du désordre mondial précédant l’enfantement d’un nouvel « World Order » (Kissinger) ne s’y prête guère. Dans Jeune Afrique, magazine proche du Quai d’Orsay et des Barbouzes de France Afrique, Achille Mbembe, l’homme qui s’en prend violemment à Frantz Fanon (De la postcolonie, Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine) publie une tribune dans laquelle on lit « pourquoi j’ai accepté de travailler avec Emmanuel Macron ». Heureusement qu’il n’est pas le premier. Avant lui, il y a les Léopold Sédar Senghor, les Wade, les Macky Sall. Pour quel résultat ? Ce n’est pas que l’on s’y oppose, que l’on pousse sa naïveté à son paroxysme. Mais l’Afrique serviteur et à genoux a servi à quoi ? Qu’a-t-elle gagné ? Si les Senghor et autres n’ont rien obtenu. Qu’espère alors arracher de nouveau Achille Mbembe qui oublie les premières attaques subies lors de la promotion de sa fameuse « postcolonie », des attaques en provenance d’autres élites africaines se définissant elles-mêmes comme « anglophones ». On se souviendra de la célèbre déclaration de Wolé Soyinka : « Le Tigre ne proclame pas sa négritude. Elle bondit ».

La France, sans prendre position pour elle, nous ne sommes pas non plus nés de la dernière pluie, ne devrait longtemps garder silence, alors que la présence militaire russe en Afrique suscite bien des inquiétudes. Les puissances de terre qui ont longtemps été marginalisées tentent de reprendre avantage sur les puissances de mer. La guerre pour le contrôle de l’Afrique menace les intérêts des uns et des autres et en particulier de tous les prédateurs déclarés ou non. Elle sera malheureusement sans pitié et tous les coups sont permis. Gare aux peuples qui refuseront de s’assumer.

La France a été chassée de Syrie (bastion désormais russe, iranien, Hezbollah et américain). Elle l’a également été du Rwanda (aujourd’hui Anglo-saxon, résidence de la Bande Clinton et Blair, chose étonnante même population blanche que la France). Elle fut aussi éjectée de la RDC, pays en lambeaux, occupé et partagé par la Chine, les USA, la Russie et les autres « nations » via la Monusco. À ce tableau, pour le Congo, on ne passera jamais sous silence l’humiliation que lui fait subir le Rwanda de Paul Kagame. Aujourd’hui encore, la France a définitivement perdu Bangui. N’est-ce pas que c’est trop pour un pays qui prétend être puissant d’exister devant gloutonnerie concurrente allemande, anglo-saxonne (Brexit), russe, chinoise, voire turque. Le monde reste un endroit très dangereux pour tout le monde, même pour les puissants entre eux. Toutefois, en s’adaptant à la nouvelle donne présente, la France a préféré changer d’option : défendre et conserver à tout prix son pré carré.

La trouvaille demeure la nouvelle et ancienne méthode. On jette des « pions » à la poubelle de l’histoire. Des « nègres de service » qui deviennent trop encombrants pour la circonstance. C’est le cas du nègre de service Blaise Compaoré, l’assassin présumé de Sankara. Son procès est déjà annoncé après l’arrestation et l’emprisonnement de son acolyte de triste mémoire, le général Diendéré. Non seulement que Blaise est arrivé au thème de sa vie, il ne pourra compter sur Ouattara pour plaider sa cause. Et comme ce sont des gens dépourvus du sens d’honneur, des hommes de positions et non de principes, ils se tairont alors que c’est devant l’hôtel de la realpolitik qu’ils sont sacrifiés. L’Afrique ne saura jamais la vérité de leur trahison.

Le second, à qui la France a reproché la perte du contrôle de Bangui, ce fut Idriss. À plusieurs reprises, et pourtant les occasions se sont présentées, l’armée du Tchad régna en maître sur le territoire centrafricain. Le pauvre Idriss n’a pas su remettre de l’ordre à Bangui. Le voilà lâché, abandonné, trahi, il meurt finalement comme il a vécu dans l’illusion que confère le pouvoir-os aux thuriféraires. « Roma traditoribus non premia » (Rome ne paye pas les traîtres).

Somme toute, la mort d’Idris Derby, faut-il en pleurer ou en rire ? À qui le prochain tour ? La question ne signifie pas que l’on assiste à la construction d’un nouveau monde tout en regardant les autres écrire leur histoire sans nous. La question qui talonne l’esprit, c’est que faire ? Avec qui ? Qu’ils le veulent ou non, nous mouillerons notre chemise pour le Congo.

Likambo oyo eza likambo ya mabele…

Mufoncol Tshiyoyo, MT
Un Homme libre

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