Une conscience qui n’est pas nourrie n’est pas prête pour la vraie lutte

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Une conscience qui n’est pas nourrie n’est pas prête pour la vraie lutte

Il y a lutte et lutte. À chacun celle du degré de sa conscience. Mais à la montée des périls, tels que la RD-Congo et nous, son homme, l’homme congolais, les traversons en ce moment, la conscience de l’homme en situation de lutte d’émancipation, celle du devenir- soi, parce que le devenir soi est un processus, se nourrit et a besoin d’être irriguée par une fève rare. C’est ainsi que des peuples avant nous et autour de nous se sont libérés de toute domination sauf de celle dont ils se dotent pour le besoin de leur devenir en commun.

Le confucianisme et le taoïsme ont nourri longtemps la conscience et l’homme chinois. Mao, c’est peu importe ce dont il est reproché, je m’éloigne ici du jugement de l’homme, car seule l’histoire en porte la responsabilité pour émettre son avis sur ce type de conducteur d’hommes, s’en est servi dans la lutte pour le devenir chinois. Ce fut également le cas avec Hô Chi Minh au Vietnam. Ce dernier a recouru au confucianisme comme nourriture de la conscience du villageois, de la jeunesse, de l’ouvrier, du paysan vietnamiens. C’est pourquoi chacun avait la terre dans sa conscience et dans sa façon de s’engager pour ce qui était du devenir de l’être en processus de naissance.

C’est ce qui a fait dire à Pepe Escobar que « La nature a du style. Un style splendide. Tu pourrais concevoir le monde comme une œuvre d’art, produite dans un style assez distinctif, […] la nature de se sert de la symétrie pour construire le monde. La pensée non occidentale n’a pas été inventée en Californie, pas même par Ginsberg et les beats, les prédécesseurs des hippies de la baie de San Francisco. Mais c’était le ticket d’entrée pour tant d’entre nous vers l’hindouisme et le bouddhisme- et vers l’Asie. En fait, la Californie était, est toujours, une avant-première tape-à-l’œil des mondes à venir » (Escobar, 2016 : 11, 37).

Et nous autres ? Certains recourent à la religion chrétienne, d’autres à l’Islam, d’autres à la science. Ni le premier, le christianisme, ni le second l’islam, ni la science, ne saura nourrir la conscience d’un homme qui se rêve comme liberté, libéré et libre.

En effet, quelle est cette fève, sa nature, sa composition, son contenu, celle à donner à nos enfants, à notre jeunesse pour les inscrire dans le devenir de soi. Je parle de nourriture de conscience. Et l’absence de cette fève, qui se fait ressentir chez certains, entrave vivement la marche, le cours de l’histoire et de son avènement. Mais là n’est pas le problème sauf que je la revendique pour la minorité.

Des jeunes m’écrivent en me disant « Vieux » il faut faire vite ». Et à moi de répondre vivement aujourd’hui : « Qui est prêt ? ». La lutte est avant tout exigence.

Diogène, une philosophie d’ailleurs, aimait à dire : « J’apprends à m’habituer au refus ».

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