Zimbabwe-France, la France serait-elle encore une puissance stratégique en Afrique ?

Zimbabwe-France, la France serait-elle encore une puissance stratégique en Afrique ?

Prévoyant une victoire au Moyen Orient, particulièrement en Syrie, la France de François Hollande, qui activement participait à la déstabilisation de la Syrie et au départ d’Assad du pouvoir, espérait redorer son blason terni de puissance européenne et internationale. Elle aurait pu, par après, présenter sa facture à ses maîtres et alliés américains une fois que la corvée aurait été assumée. Hélas, devant ce qui sonne comme un échec occidental en Syrie, bien qu’il fut prévu et annoncé, les alliés anglo-saxons de la France ont, et je dirais une fois de plus, préféré l’ignorer. Car ils renouent spectaculairement avec une Russie, bien que mal aimée, mais dont ils craignent le rapprochement avec la Chine.  Pour l’Amérique et le camp Obama, Poutine et la Russie demeurent incontournables. C’est ce que le journaliste américain DAVID M. HERSZENHORNMAY tente de dire, dans son article « A Diplomatic Victory, and Affirmation, for Putin », diffusé par The New York Times dans son édition en ligne du 15 mai dernier, quand il écrit : « Russia and its leader are simply too important to ignore ».

Et revoilà la France revenir en Afrique où elle croit s’y imposer. Mais le ferait-elle sans l’aval et le piston de son maître américain qui, et faisons le remarquer, contrôle, et presque partout, les anciennes colonies françaises d’hier ? Et l’Allemagne et l’Angleterre, ce du côté de l’Europe, la regarderont-elle faire ?

C’est ici que je me demande comment un pays comme la France, qui détient sous son contrôle la Centrafrique, le Gabon, le Burkina Faso, Brazzaville, le Tchad, le Niger, le Mali, le Sénégal et j’en passe n’est jamais parvenue à s’assurer un rôle de premier plan, et ce, vis-à-vis de ses autres « partenaires » ? Et si seulement si le concept partenaire se concevait librement avec une Allemagne voisine, qui a retrouvé ses perles, et l’association USA -Angleterre qui règne sans partage.

Mugabe, qui cherche à renouer des relations « totales » avec la France, mais avec un Zimbabwe économiquement affaibli et qui, tout en se proclamant en guerre contre les anglo-saxons, dépend de l’oxygène du dollar, la monnaie américaine, comme régulateur de son économie. Le Vieux Mugabe n’ignore pas que la France demeure une alliée des anglo-saxons, et, dont elle ne pourra ni se passer, ni affronter et surtout dans le contexte actuel de l’exceptionnalisme américain.  La France ne peut non plus d’elle-même influer sur l’évolution du monde sans les béquilles que lui prête l’élite américaine. Elle existe donc à peine comme une crainte.  Et à ce propos, Bachar El Assad ne pourrait le démentir, lui dont les propos tenus lors de son interview accordée à Pujadas sur France 2, résonnent encore : « […] Personne ne prend plus au sérieux les déclarations des responsables français, pour une simple raison, ce que la France est devenue un satellite de la politique américaine. Elle n’est pas indépendante. Elle n’a aucun pouvoir. Elle n’a plus aucune crédibilité ».

Dans cette France, il n’y avait ni homme politique de la trempe de De Gaulle, de celle de François Mitterrand, les deux derniers dieux de la politique intérieure française. Après ce type d’hommes, la société subit les affres d’une loi cyclique. Il n’y a plus rien.  Un Zemmour contesté annonce lui carrément « un suicide français ». C’est son dernier titre évocateur. Un autre, Attali dans « Devenir Soi », n’hésite lui à écrire que : « Les Nations qui n’y parviendront pas ou ne le voudront pas iront de déclin en décadence, de décadence en déchéance dans un monde de plus en plus impitoyable et concurrentiel. Tel sera le cas de la France dont la chute, entamée il y a au moins vingt ans, s’accélérera quand tous ceux de ses ressortissants qui auront décidé de choisir leur avenir l’auront quittée (Attali, 2014 : 152).

Quelle issue avec Mugabe ? Le vieux ne serait-il pas retranché dans ses derniers moments… Le nationaliste et panafricain Mugabe serait-il, et à l’occasion, enquiquiner ses ennemis jurés anglo-saxons, ce en « francisant » le Zimbabwe à l’instar de Paul Kagamé, qui grâce au soutien de l’Amérique, a réussi à « angliciser » le Rwanda. La France manque des couilles. Elle a été depuis dévirilisée. Pour subsister dans un monde impitoyable et concurrentiel, il lui reste à achever sa mutation, sa transformation en un État voyou, qui désormais ne vivrait que des razzias comme ce fut le cas en Lybie et en Côte d’Ivoire.

N’est-ce pas que tout est de l’ordre du possible ? L’Afrique est avertie

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